Boxe, MMA et arts martiaux au Cameroun
Les sports de combat ont offert au Cameroun sa toute première médaille olympique, bien avant le football et l'athlétisme. La boxe a rapporté deux des six médailles olympiques du pays, des boxeurs camerounais ont conquis des ceintures mondiales chez les professionnels, et Francis Ngannou, né à Batié, est devenu en 2021 champion des poids lourds de l'UFC. À côté de ces vitrines, la lutte traditionnelle reste vivante dans plusieurs régions, et le judo, le taekwondo et le karaté rapportent régulièrement des médailles continentales.
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En bref
- Médailles olympiques en boxe
- 2 (argent 1968, bronze 1984)
- Premier médaillé olympique
- Joseph Bessala, boxe, Mexico 1968
- Champion UFC
- Francis Ngannou, poids lourds, mars 2021
- Fédérations
- Fécaboxe (boxe), Fecaluttes (luttes), fédérations de judo, de taekwondo et de karaté
La boxe, première médaille olympique du pays
Né à Douala le 19 avril 1941, Joseph Bessala remporte la médaille d'argent des poids welters aux Jeux olympiques de Mexico en 1968. Il s'incline en finale face à l'Allemand de l'Est Manfred Wolke, par 4 voix contre 1. C'est la première médaille olympique de l'histoire du Cameroun. Bessala avait déjà gagné l'or aux Jeux africains de Brazzaville en 1965 et le titre de champion d'Afrique en 1966 et 1968. Il est mort à Yaoundé en avril 2010.
Seize ans plus tard, à Los Angeles en 1984, Martin Ndongo-Ebanga décroche le bronze des poids légers (moins de 60 kg), battu en demi-finale par le Portoricain Luis Ortiz. Il n'avait que 18 ans. Depuis, aucun boxeur camerounais n'est remonté sur un podium olympique.
| Jeux | Athlète | Discipline | Médaille |
|---|---|---|---|
| Mexico 1968 | Joseph Bessala | Boxe, poids welters | Argent |
| Los Angeles 1984 | Martin Ndongo-Ebanga | Boxe, poids légers | Bronze |
| Londres 2012 | Madias Nzesso | Haltérophilie, 75 kg dames | Bronze |
Les Jeux de Londres, en 2012, ont laissé un autre souvenir : sept membres de la délégation camerounaise ont disparu pendant la compétition, dont cinq boxeurs (Thomas Essomba, Christian Donfack Adjoufack, Abdon Mewoli, Blaise Yepmou Mendouo et Serge Ambomo), tous éliminés dès leur premier ou deuxième combat. Aux Jeux de Tokyo (2020, disputés en 2021), trois boxeurs camerounais sont engagés ; aucun n'est présent à Paris en 2024, où la délégation ne compte que six athlètes.
Les boxeurs professionnels
Les deux grands noms de la boxe professionnelle camerounaise sont passés par les Jeux d'Athènes en 2004 avant de s'installer en France. Hassan N'Dam N'Jikam, né à Yaoundé en 1984, est reconnu champion du monde WBO des poids moyens en 2012, puis devient champion WBA de la catégorie en 2017 en battant le Japonais Ryota Murata à Tokyo, sur une décision partagée très contestée. Carlos Takam, poids lourd né à Douala en 1980, défie Anthony Joshua pour les titres WBA, IBF et IBO en octobre 2017 à Cardiff, appelé douze jours avant le combat ; il tient jusqu'au dixième round. En mars 2023, à 42 ans, il bat aux points le champion olympique Tony Yoka.
| Boxeur | Catégorie | Fait marquant |
|---|---|---|
| Joseph Bessala (1941-2010) | Welters (amateur) | Argent olympique, 1968 |
| Martin Ndongo-Ebanga (né en 1966) | Légers (amateur) | Bronze olympique, 1984 |
| Hassan N'Dam N'Jikam (né en 1984) | Moyens | Champion WBO (2012) et WBA (2017) |
| Carlos Takam (né en 1980) | Lourds | Défie Anthony Joshua pour trois titres mondiaux, 2017 |
Francis Ngannou et le MMA
Né en 1986 à Batié, dans l'Ouest, Francis Ngannou travaille enfant dans une carrière de sable, part pour l'Europe, vit à la rue à Paris puis découvre les arts martiaux mixtes (MMA) à la MMA Factory de Fernand Lopez. Le 27 mars 2021, il met KO Stipe Miocic au deuxième round et devient champion des poids lourds de l'UFC, le premier champion de l'organisation né au Cameroun. Il défend son titre face à Ciryl Gane en janvier 2022, puis quitte l'UFC en janvier 2023, faute d'accord sur un nouveau contrat.
| Date | Événement |
|---|---|
| Janvier 2019 | Sa fondation ouvre au Cameroun ce qui est présenté comme la première salle de MMA complète du pays |
| 27 mars 2021 | Champion des poids lourds de l'UFC (KO contre Stipe Miocic) |
| 22 janvier 2022 | Conserve son titre aux points contre Ciryl Gane |
| Janvier 2023 | Quitte l'UFC, qui lui retire sa ceinture |
| 16 mai 2023 | Signe à la PFL, dont il devient actionnaire et président de la future ligue PFL Africa |
| 28 octobre 2023 | Boxe : envoie Tyson Fury au tapis, perd sur décision partagée à Riyad |
| 8 mars 2024 | Boxe : battu par KO au deuxième round par Anthony Joshua à Riyad |
| 19 octobre 2024 | Champion des poids lourds PFL Super Fights (KO de Renan Ferreira au 1er round) |
| 6 mars 2026 | Libéré de son contrat avec la PFL |
| 16 mai 2026 | Bat Philipe Lins par KO au 1er round, au premier gala de MMA de Most Valuable Promotions |
Au pays, la fondation Francis Ngannou, financée d'abord sur ses fonds propres puis par des dons, fait vivre des salles d'entraînement à Batié et à Douala et distribue du matériel scolaire, notamment des salles informatiques dans des villages mal équipés.
La lutte traditionnelle
Sur les pentes du mont Cameroun, les Bakweri pratiquent le pala-pala, une lutte traditionnelle disputée au moment où la saison des pluies laisse place à la saison sèche, sur une aire dégagée entourée des villageois. Selon une étude présentée en 2023 à une conférence universitaire, un combat compte trois manches d'une minute ; l'emporte celui qui plaque son adversaire au sol ou le soulève entièrement, et le tournoi sert aussi à repérer des lutteurs pour l'équipe nationale.
L'Extrême-Nord est l'autre grand foyer. En avril 2017, un championnat interrégional de lutte traditionnelle africaine organisé à Yagoua réunissait onze communes du Mayo-Danay, cinq du Mayo-Kani et l'université de Maroua ; le titre est revenu à Baïséma, lutteur du canton de Gougoudoum. En février 2024, Cameroon Tribune décrivait encore le Mayo-Danay comme un « réservoir » de l'athlétisme et de la lutte traditionnelle, lors d'une caravane de détection de talents.
En lutte olympique, Joseph Essombe a pris la 5e place en lutte libre (53 kg dames) aux Jeux de Tokyo, disputés en 2021. La Fédération camerounaise de luttes (Fecaluttes) a connu une crise de gouvernance : en décembre 2022, le ministère des Sports lui a enjoint de convoquer une assemblée générale élective, après l'échec de celle du 26 novembre 2022.
Judo, taekwondo, karaté, sambo
Le judo est la seule discipline de combat représentée à Paris en 2024, avec Richelle Soppi Mbella en plus de 78 kg. Sur le continent, les judokas camerounais montent régulièrement sur le podium : sept médailles (1 argent, 6 bronze) aux championnats d'Afrique d'Abidjan en avril 2025, puis six médailles et la 3e place au classement des nations à ceux de Nairobi en avril 2026.
| Discipline | Compétition | Résultat |
|---|---|---|
| Judo | Championnats d'Afrique, Abidjan, avril 2025 | 7 médailles (1 argent, 6 bronze), 10e nation |
| Judo | 47e championnats d'Afrique, Nairobi, avril 2026 | 6 médailles (1 argent, 5 bronze), 3e nation |
| Taekwondo | Trois compétitions internationales, mars-octobre 2025 | 6 or, 9 argent, 9 bronze |
| Karaté | Championnat d'Afrique, Abuja, juillet 2025 | 1 or, 8 argent, 9 bronze |
| Sambo | Jeux mondiaux, Chengdu, août 2025 | Bronze de Nji Mouluh Seidou (98 kg) |
En 2025, la fédération de taekwondo est celle qui a disputé le plus de compétitions internationales parmi les disciplines saluées par Cameroon Tribune. Le président de la fédération de karaté, Bertin Dongmo, a été élu secrétaire général de la Fédération africaine de karaté.
La Fécaboxe sous tutelle
La Fédération camerounaise de boxe (Fécaboxe) a longtemps été présidée par Bertrand Mendouga, élu en juillet 2016 à la tête de la Confédération africaine de boxe. Le 20 novembre 2025, le ministre des Sports, Narcisse Mouelle Kombi, a créé un comité de normalisation, en accord avec la Confédération africaine de boxe ; sa composition a été confirmée le 6 janvier 2026. Présidé par le magistrat Jean Chrysostome Kana, il dispose de six mois pour gérer les affaires courantes et organiser des élections, auxquelles ses membres ne peuvent pas se présenter.
Questions fréquentes
Qui est le premier médaillé olympique du Cameroun ?
Le boxeur Joseph Bessala, médaille d'argent des poids welters aux Jeux de Mexico en 1968, battu en finale par l'Allemand de l'Est Manfred Wolke.
Francis Ngannou est-il toujours champion de l'UFC ?
Non. Champion des poids lourds de l'UFC en mars 2021, il a quitté l'organisation en janvier 2023 et sa ceinture lui a été retirée. Il a ensuite été champion PFL Super Fights en 2024.
Combien de médailles olympiques le Cameroun a-t-il gagnées en boxe ?
Deux : l'argent de Joseph Bessala en 1968 et le bronze de Martin Ndongo-Ebanga en 1984.
Quel boxeur camerounais a été champion du monde ?
Hassan N'Dam N'Jikam, champion du monde WBO des poids moyens en 2012 puis champion WBA en 2017.
Qu'est-ce que le pala-pala ?
Une lutte traditionnelle des Bakweri, autour du mont Cameroun, disputée en trois manches d'une minute à l'arrivée de la saison sèche.
Où se trouve la salle de Francis Ngannou au Cameroun ?
Sa fondation a ouvert des salles d'entraînement à Batié, son village natal, et à Douala.
À prendre avec prudence
Le nom du président du comité de normalisation de la Fécaboxe est orthographié « Kana » par Cameroon Tribune et « Nana » par une autre dépêche. Le résultat des élections prévues à l'issue de son mandat de six mois (vers juillet 2026) n'a pas été trouvé. Les sources consultées ne précisent pas la date de lancement effective de la PFL Africa. Le palmarès national de lutte traditionnelle n'est pas publié en ligne de façon suivie.