Santé et vaccins pour voyager au Cameroun
Le Cameroun exige un certificat de vaccination contre la fièvre jaune à l'entrée, et le paludisme y est transmis toute l'année sur l'ensemble du territoire. Cette fiche rassemble les recommandations publiées par l'Institut Pasteur, les Centres américains de contrôle des maladies (CDC), France Diplomatie, le Foreign Office britannique et le gouvernement canadien, consultées en octobre 2026, ainsi que les épidémies signalées en 2025 et 2026. Elle ne remplace pas une consultation : toutes ces autorités demandent de voir un médecin ou un centre de vaccinations internationales plusieurs semaines avant le départ, seul habilité à adapter les vaccins et le traitement préventif à chaque voyageur.
Informations vérifiées le
En bref
- Vaccin obligatoire
- Fièvre jaune, dès 1 an
- Délai minimal
- 10 jours avant l'arrivée
- Validité du certificat
- À vie (Institut Pasteur)
- Paludisme
- Toute l'année, tout le pays
- Épidémies signalées en 2026
- Choléra (Nord, Extrême-Nord), mpox, rougeole
Fièvre jaune : le certificat obligatoire
C'est la seule vaccination exigée par la loi pour entrer au Cameroun, quel que soit le pays de provenance. Le certificat international de vaccination (le « carnet jaune ») est demandé pour obtenir le visa sur evisacam.cm, puis contrôlé à l'arrivée. L'Institut Pasteur précise qu'une seule injection suffit, au moins 10 jours avant le départ, et que le certificat a une validité administrative à vie : l'ancienne obligation de rappel tous les dix ans a été supprimée. La vaccination se fait dans un centre agréé.
| Source | Exigence à l'entrée | Précisions |
|---|---|---|
| Institut Pasteur | Voyageurs de 1 an et plus, toute provenance | Vaccin dès 9 mois (6 à 9 mois dans des cas particuliers) ; validité à vie |
| CDC (États-Unis) | Voyageurs de 1 an et plus | Vaccin recommandé dès 9 mois |
| Département d'État (États-Unis) | Exigé à l'entrée et à la sortie | Vaccin daté d'au moins 10 jours ; sinon vaccination à l'aéroport, aux frais du voyageur |
| France Diplomatie | Obligatoire | Carnet international exigé à l'entrée |
| Canada | Exigé des voyageurs de tous les pays | Risque de transmission présent dans le pays |
Les autres vaccins recommandés
Tous ces organismes demandent d'abord d'être à jour des vaccins de base (diphtérie, tétanos, poliomyélite, coqueluche, rougeole). Les autres dépendent de la durée et des conditions du séjour : c'est au médecin de trancher.
| Vaccin | Recommandation (France Diplomatie, Institut Pasteur) | Recommandation (CDC) |
|---|---|---|
| Hépatite A | Systématique pour Pasteur (dès 1 an) ; selon le séjour pour France Diplomatie | Voyageurs non vaccinés dès 1 an |
| Typhoïde | Séjours prolongés ou hygiène précaire | La plupart des voyageurs |
| Méningite ACWY | Saison sèche (novembre à juin) ou épidémie | Ceinture de la méningite en saison sèche (décembre à juin) |
| Rage | Jeunes enfants, séjours ruraux ou aventureux | À envisager : chiens enragés fréquents |
| Hépatite B | Séjours fréquents ou prolongés | Non détaillé ici |
| Poliomyélite | Vérifier son statut vaccinal | Un rappel à l'âge adulte |
| Choléra | Prévention par vaccin et hygiène | À envisager pour l'Extrême-Nord (transmission active) |
| Mpox | En cas d'exposition à risque | En cas de contacts intimes prévus |
| Dengue, chikungunya | Épidémie ou séjour prolongé | Non détaillé ici |
Polio : le Cameroun a été certifié libre de poliovirus sauvage par l'OMS le 12 juillet 2020, rappelle France Diplomatie. Le gouvernement canadien signale toutefois que le pays reste soumis aux recommandations temporaires de l'OMS : un voyageur qui y séjourne plus de quatre semaines peut être tenu de recevoir une dose de vaccin 1 à 12 mois avant de quitter le pays, inscrite sur le certificat international.
Paludisme : la première précaution
Selon l'Institut Pasteur, le paludisme est transmis toute l'année dans tout le pays, très majoritairement par Plasmodium falciparum. Le CDC signale que les parasites y résistent à la chloroquine. La prévention repose sur deux piliers, selon France Diplomatie : la protection contre les piqûres et un traitement préventif (chimioprophylaxie) prescrit avant le départ.
- Médicaments préventifs : l'Institut Pasteur cite l'atovaquone-proguanil, la doxycycline ou la méfloquine ; le CDC cite les mêmes et la tafénoquine. Le choix, la dose et la durée relèvent du médecin.
- Le Département d'État recommande la chimioprophylaxie à tous les voyageurs, même pour un court séjour, avec des répulsifs et une moustiquaire imprégnée.
- Contre les piqûres, France Diplomatie conseille des vêtements longs, un répulsif cutané, une moustiquaire imprégnée, la climatisation ou des diffuseurs, et la suppression des eaux stagnantes.
- Toute fièvre pendant le séjour ou dans les trois mois qui suivent le retour impose de consulter sans délai, selon l'Institut Pasteur.
Les mêmes moustiques, ou d'autres, transmettent aussi la dengue, le chikungunya et le virus Zika, contre lesquels la protection anti-piqûres est la principale défense.
Eau, alimentation et choléra
France Diplomatie conseille de ne boire que de l'eau en bouteille capsulée ou rendue potable (filtration, ébullition), de se laver souvent les mains, de bien cuire les aliments, de peler les fruits et d'éviter crudités, coquillages, plats réchauffés et buffets froids. Le gouvernement canadien rappelle que la diarrhée du voyageur est la maladie la plus fréquente chez les voyageurs et qu'il faut avant tout s'hydrater. Il signale aussi que les coupures d'électricité, fréquentes et parfois longues de plus de huit heures, peuvent perturber l'approvisionnement en eau.
Le choléra, maladie « des mains sales », se transmet par l'eau ou les aliments souillés. Selon France Diplomatie, un premier cas confirmé a été déclaré le 9 novembre 2025 dans le district de Mayo Oulo, entre Garoua et Maroua, et l'épidémie touchait encore les régions du Nord et de l'Extrême-Nord lors de la mise à jour du 30 septembre 2026. Ces deux régions sont par ailleurs déconseillées pour raisons de sécurité (voir la fiche sécurité).
Épidémies récentes (2025-2026)
| Date | Maladie | Ce qui a été signalé |
|---|---|---|
| 9 novembre 2025 | Choléra | Premier cas confirmé à Mayo Oulo ; épidémie dans le Nord et l'Extrême-Nord (France Diplomatie, alerte mise à jour le 30 septembre 2026) |
| Mi-janvier 2026 | Mpox | Le ministre de la Santé publique, Malachie Manaouda, fait état de 114 cas suspects et 10 cas confirmés, sans décès, dans le Littoral (Douala), le Centre (Ayos), le Sud-Ouest (Akwaya) et le Sud (Kribi) (Journal du Cameroun, 14 janvier 2026) |
| 13 mars 2026 | Rougeole | Alerte de France Diplomatie sur la hausse des cas ; des cas sont signalés régulièrement dans toutes les régions |
| 4 août 2026 | Mpox | France Diplomatie relaie une hausse des cas suspects, surtout dans le Littoral et le Sud (Kribi) ; riposte organisée par le ministère de la Santé publique |
| 23 septembre 2026 | Poliomyélite | Avis mondial de niveau 2 du CDC sur la circulation de la polio |
France Diplomatie mentionne aussi la méningite, dont la saison épidémique va de novembre à juin dans l'Est, l'Adamaoua, le Nord et l'Extrême-Nord, et déconseille les zones frontalières de la région du Sud après des décès dus au virus de Marburg signalés en Guinée équatoriale voisine. Ces alertes évoluent vite : il faut les consulter juste avant le départ.
Se soigner sur place : hôpitaux et numéros
Les trois gouvernements consultés décrivent une offre de soins limitée. Le Foreign Office juge les urgences « extrêmement limitées » et estime qu'un traitement grave nécessitera une évacuation vers l'Europe ; le Département d'État note que les services de traumatologie et d'ambulance sont peu disponibles, que les hôpitaux exigent souvent un paiement d'avance et en espèces, et qu'il n'existe pas de numéro national unique pour les urgences médicales. Le Canada estime que les soins de qualité se limitent à Yaoundé et Douala.
- À Yaoundé, les grands hôpitaux publics sont l'Hôpital central (fondé en 1933, 650 lits, le plus grand du pays selon Wikipédia), l'Hôpital général (fondé en 1985, hôpital de référence et seul centre de dialyse de la région du Centre selon Wikipédia) et le Centre hospitalier et universitaire (CHU).
- À Douala, les hôpitaux publics de référence sont l'Hôpital général et l'hôpital Laquintinie, selon la liste des hôpitaux du Cameroun de Wikipédia.
- Numéros utiles donnés par France Diplomatie : Cameroun Sanitaire Assistance à Douala (+237 233 42 14 14), Centre Pasteur de Garoua (+237 222 27 22 22), centre médico-social à Yaoundé (+237 222 23 01 39).
- Ambulance : le 112 selon le Foreign Office et le Département d'État (« dans les grandes villes ») ; le 119 pour l'assistance médicale selon le Canada. Le Département d'État donne aussi le +237 222 22 25 25 à Yaoundé. Les sources ne concordent pas : voir le tableau de la fiche sécurité.
- Le Département d'État relève que des voyageurs préfèrent souvent se rendre à l'hôpital en taxi ou en voiture plutôt que d'attendre une ambulance, et que les ambassades tiennent des listes de médecins.
Assurance voyage et rapatriement
France Diplomatie juge « impératif » de disposer d'une assurance couvrant tous les frais médicaux, y compris chirurgie et hospitalisation, et le rapatriement sanitaire, sans quoi l'accès aux soins peut être refusé, même en urgence vitale ; l'ambassade ne prend pas ces frais en charge. Le Département d'État conseille de vérifier que la police couvre réellement le coût de l'évacuation, certaines ne prévoyant qu'une « assistance » à son organisation. Le Foreign Office prévient qu'une assurance peut être invalidée si l'on se rend dans une zone qu'il déconseille. Pour un visa long séjour, evisacam.cm demande en outre une garantie de rapatriement.
Médicaments et pharmacies
- N'acheter aucun médicament dans la rue : France Diplomatie met en garde contre les contrefaçons.
- Emporter ses traitements dans leur emballage d'origine, avec une ordonnance indiquant la dénomination commune internationale (DCI), et vérifier qu'ils sont autorisés au Cameroun.
- Le Département d'État signale des pénuries possibles de certains médicaments et fournitures médicales : prévoir une réserve suffisante.
- Le Foreign Office signale un risque de mal des montagnes dans certaines parties du pays.
Questions fréquentes
Quel vaccin est obligatoire pour aller au Cameroun ?
Seul le vaccin contre la fièvre jaune est obligatoire, pour tous les voyageurs d'un an et plus. Le certificat international est demandé pour le visa et contrôlé à l'arrivée.
Le vaccin fièvre jaune est-il valable à vie pour le Cameroun ?
Oui, selon l'Institut Pasteur, le certificat a une validité administrative à vie ; le rappel décennal n'est plus exigé. Il doit avoir été fait au moins 10 jours avant l'arrivée.
Que se passe-t-il si j'arrive sans carnet de vaccination ?
Selon le Département d'État américain, le voyageur est vacciné à l'aéroport, à ses frais. Sans certificat, le visa ne peut de toute façon pas être demandé normalement sur evisacam.cm.
Faut-il un traitement contre le paludisme pour le Cameroun ?
Le paludisme est présent toute l'année dans tout le pays, et le CDC comme l'Institut Pasteur recommandent un traitement préventif prescrit par un médecin, en plus de la protection contre les piqûres.
Peut-on boire l'eau du robinet au Cameroun ?
France Diplomatie conseille de ne boire que de l'eau en bouteille capsulée ou rendue potable par filtration ou ébullition, notamment en raison du choléra.
Y a-t-il une épidémie au Cameroun en 2026 ?
France Diplomatie signalait en septembre 2026 une épidémie de choléra dans le Nord et l'Extrême-Nord, une hausse des cas suspects de mpox dans le Littoral et le Sud, et des cas de rougeole dans toutes les régions.
Faut-il une assurance rapatriement pour le Cameroun ?
Elle n'est pas exigée pour un visa de court séjour, mais France Diplomatie la juge impérative et le Foreign Office prévient qu'une évacuation vers l'Europe est nécessaire pour les soins graves. Elle est exigée pour un visa long séjour.
À prendre avec prudence
Les chiffres de la flambée de mpox divergent : le ministère de la Santé publique parlait mi-janvier 2026 de 10 cas confirmés sans décès, alors que les données transmises à l'OMS reprises par MesVaccins.net faisaient état de 9 cas confirmés et 2 décès. Les numéros d'urgence médicale diffèrent selon les gouvernements (112 ou 119). Aucune liste officielle d'hôpitaux de référence pour les voyageurs n'a été trouvée sur le site du ministère de la Santé publique : la liste ci-dessus vient de Wikipédia.