Sécurité au Cameroun : zones déconseillées et conseils aux voyageurs
Les gouvernements étrangers ne déconseillent pas le Cameroun dans son ensemble, mais plusieurs régions : l'Extrême-Nord, où opèrent Boko Haram et l'État islamique en Afrique de l'Ouest ; le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, touchés depuis 2017 par la crise dite anglophone ; et les bandes frontalières avec le Nigeria, le Tchad et la Centrafrique. Cette fiche compare, région par région, les avis de quatre pays consultés en octobre 2026 (France, Royaume-Uni, États-Unis, Canada), puis reprend leurs conseils pratiques. Elle ne porte aucun jugement propre : les niveaux de risque sont ceux de ces gouvernements, à la date indiquée, et ils peuvent changer du jour au lendemain.
Informations vérifiées le
En bref
- France Diplomatie
- Zones actualisées le 5 mars 2026
- Royaume-Uni (FCDO)
- Mis à jour le 9 février 2026
- États-Unis
- Niveau 2 sur 4, avis du 15 mai 2026
- Canada
- « Grande prudence », 14 octobre 2026
- Police
- 117
Ce que disent les quatre gouvernements
| Pays | Niveau général | Mise à jour |
|---|---|---|
| France (France Diplomatie) | Carte en quatre couleurs, du vert au rouge | Zones actualisées le 5 mars 2026 ; page mise à jour le 15 septembre 2026 |
| Royaume-Uni (FCDO) | Déconseillé en partie (« all travel » ou « all but essential travel ») | 9 février 2026, toujours en vigueur le 28 octobre 2026 |
| États-Unis (Département d'État) | Niveau 2 « prudence accrue », niveau 4 dans certaines zones | 15 mai 2026 |
| Canada (Affaires mondiales) | « Faites preuve d'une grande prudence » | 14 octobre 2026 |
Le Foreign Office a assoupli son avis le 9 février 2026 : il ne déconseille plus, sauf raison essentielle, la majeure partie de la région de l'Adamaoua. Il rappelle qu'une assurance voyage peut être invalidée si l'on se rend dans une zone qu'il déconseille, et que son haut-commissariat ne peut offrir qu'une aide limitée dans ces zones.
La carte région par région
| Région | France | Royaume-Uni | États-Unis | Canada |
|---|---|---|---|---|
| Extrême-Nord (Maroua) | Rouge (formellement déconseillé), monts Mandara compris | Tout voyage déconseillé, sauf Maroua et ses environs (20 km au nord, à l'est et à l'ouest, 30 km au sud) : voyages essentiels uniquement | Niveau 4 : ne pas s'y rendre | Évitez tout voyage |
| Nord (Garoua) | Rouge pour le Mayo-Louti ; orange pour le reste | Voyages essentiels uniquement, Garoua compris ; tout voyage déconseillé à moins de 40 km des frontières | Niveau 2 hors bande frontalière ; criminalité et enlèvements signalés comme fréquents | Mayo-Louti : évitez tout voyage ; reste : évitez les voyages non essentiels |
| Adamaoua (Ngaoundéré) | Orange pour la Vina et le Mbéré ; jaune pour le Mayo-Banyo, le Djérem et le Faro-et-Déo (frontière nigériane en rouge) | Voyages essentiels uniquement à moins de 20 km de la région du Nord ; tout voyage déconseillé à moins de 40 km des frontières centrafricaine et nigériane | Niveau 4 à moins de 20 km des frontières ; criminalité signalée au nord de Ngaoundéré | Évitez les voyages non essentiels |
| Nord-Ouest (Bamenda, Kumbo) | Rouge (toute la région) | Tout voyage déconseillé | Niveau 4 : ne pas s'y rendre | Évitez tout voyage |
| Sud-Ouest (Buéa, Limbé, Kumba, Tiko) | Rouge pour Bakassi, le parc de Korup et l'ouest de Kumba et Mamfe ; orange pour le reste | Tout voyage déconseillé, Buéa, Muyuka et Tiko compris ; Limbé et 35 km de la N3 vers le Littoral : voyages essentiels uniquement | Niveau 4 : ne pas s'y rendre | Évitez tout voyage |
| Est (Bertoua) | Rouge sur 30 km le long de la frontière centrafricaine (Garoua-Boulaï, Yokadouma) ; escorte militaire sur l'axe Bertoua-Yokadouma | Tout voyage déconseillé à moins de 40 km de la frontière centrafricaine | Niveau 4 à moins de 20 km de la frontière | Évitez tout voyage à moins de 30 km de la frontière |
| Ouest (Bafoussam, Dschang, Foumban) | Orange pour les zones frontalières du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, les abords du lac Bamendji (20 km) et l'axe D66 | Sans avis particulier | Niveau 2 | Sans avis particulier |
| Littoral (Douala) et Sud (Kribi) | Jaune (vigilance renforcée) ; visites des chutes d'Ekom en groupe, de jour | Sans avis particulier | Niveau 2 | Sans avis particulier |
| Centre (Yaoundé) | Sans mention dans le texte des zones | Sans avis particulier | Niveau 2 | Sans avis particulier |
Les bandes frontalières diffèrent d'un pays à l'autre : 30 km pour la France et le Canada, 40 km pour le Royaume-Uni, 20 km pour les États-Unis. France Diplomatie impose aussi une escorte militaire pour traverser les zones rouges sur les axes Yaoundé-Ngaoundéré par Garoua-Boulaï, Garoua et Ngaoundéré-Moundou (Tchad) par Touboro, et Bertoua-Yokadouma. Toutes les sources déconseillent formellement la presqu'île de Bakassi, en raison de la contrebande et de la piraterie.
Pourquoi ces régions sont déconseillées
- Extrême-Nord : selon le Foreign Office, Boko Haram et l'État islamique en Afrique de l'Ouest (ISWA) y sont principalement actifs, avec un usage accru d'engins explosifs improvisés depuis 2023. France Diplomatie qualifie les monts Mandara de « site refuge de groupes terroristes », malgré l'inscription au patrimoine mondial de l'UNESCO du paysage culturel de Diy-Gid-Biy le 11 juillet 2025.
- Nord-Ouest et Sud-Ouest : France Diplomatie date la dégradation de la fin de 2017 et fait état de plus de 700 000 déplacés depuis 2016. Le Canada décrit des affrontements fréquents entre forces de sécurité et groupes armés séparatistes, des incidents graves à des barrages tenus par les uns ou les autres, et des enlèvements visant aussi des étrangers. Le Foreign Office signale des journées « villes mortes » chaque lundi, et souvent autour du 11 février, du 20 mai et du 1er octobre.
- Frontières centrafricaine et tchadienne : France Diplomatie évoque la porosité des frontières aux bandes armées (braconniers, bandits, trafiquants) et l'accueil de près de 250 000 réfugiés centrafricains dans l'Est ; le Foreign Office cite des prises d'otages contre rançon par des « coupeurs de route ».
- Le Département d'État indique que son personnel n'a pas le droit de se rendre dans le Nord-Ouest, le Sud-Ouest, le Nord et l'Extrême-Nord, ni à moins de 20 km des frontières centrafricaine et nigériane, ni au nord de Ngaoundéré.
Ces avis ont des conséquences pour le tourisme : France Diplomatie déconseille actuellement l'ascension du mont Cameroun, situé dans le Sud-Ouest, et le Foreign Office déconseille Buéa, point de départ habituel. Le Foreign Office ajoute que le lac Nyos, dans le Nord-Ouest, a libéré en 1986 un nuage de gaz carbonique qui a tué environ 1 700 personnes, et que le phénomène pourrait se reproduire.
Les zones sans avertissement particulier
Aucune de ces sources ne qualifie une région de « sûre ». Les régions du Centre (Yaoundé), du Littoral (Douala), du Sud (Kribi), de l'Ouest hors zones frontalières et de l'Est hors bande frontalière ne font l'objet d'aucune interdiction de la part des quatre pays : elles relèvent du niveau général, « prudence accrue » pour les États-Unis et « grande prudence » pour le Canada. France Diplomatie classe le Littoral et le Sud en vigilance renforcée (jaune). Même dans ces régions, le Foreign Office estime que des attentats pourraient survenir n'importe où, y compris à Yaoundé et Douala, et le Département d'État relève plusieurs attaques à l'engin explosif dans ces deux villes depuis juin 2020.
En ville : délinquance et taxis
- Le Foreign Office signale un risque de vol à main armée et d'agression dans tout le pays, en particulier à Yaoundé, Douala, Ngaoundéré et Bafoussam, et cite comme quartiers à éviter la Briqueterie et le marché Mokolo à Yaoundé, Nkololun, New Bell, Akwa, Bonabéri et Village à Douala.
- Taxis : le Foreign Office déconseille de héler un taxi dans la rue (jaunes à Yaoundé et Douala), car ils fonctionnent comme des bus partagés et des passagers ont été agressés ; il recommande un taxi réservé par l'hôtel ou le restaurant. France Diplomatie déconseille formellement les taxis à la nuit tombée, surtout seul. Le Département d'État interdit les taxis à son personnel.
- Ne pas exhiber téléphone, bijoux ou appareil photo, éviter le sac à main sur les marchés, garder quelques billets à remettre sans résister en cas d'agression (France Diplomatie). Toutes les sources conseillent de ne jamais résister.
- France Diplomatie recommande une vigilance particulière autour des fêtes de fin d'année et de la rentrée scolaire de septembre. Les manifestations peuvent dégénérer : le Canada rappelle l'usage passé de gaz lacrymogènes et parfois de tirs à balles réelles.
Sur la route : nuit, contrôles et papiers
Les quatre gouvernements déconseillent de circuler la nuit. France Diplomatie juge les routes dangereuses, en particulier l'axe Yaoundé-Douala, et cite les grumiers (camions de bois) aux dépassements dangereux ; elle déconseille même les transports en commun, souvent impliqués dans des accidents mortels. Le Canada signale des attaques de coupeurs de route sur la N3 Douala-Yaoundé. Le Foreign Office cite des braquages et enlèvements sur les routes Bamenda-Banyo, Bafoussam-Banyo, Bafoussam-Douala, Yaoundé-Garoua et Garoua-Boulaï-Ngaoundéré. Les moyens de transport sont présentés dans la fiche se déplacer.
- Papiers : France Diplomatie juge indispensable d'avoir toujours sur soi une pièce d'identité (ou un titre de séjour, ou une copie certifiée du passeport) et les références de son assurance. Selon le Foreign Office, la police peut retenir une personne sans papiers.
- Contrôles : les barrages de police et de gendarmerie sont fréquents. Le Foreign Office et le Département d'État signalent que des agents arrêtent des automobilistes pour des infractions mineures ou inexistantes afin d'obtenir de petits pots-de-vin : ils conseillent de ne pas payer et de demander une contravention écrite, à régler au tribunal. Le Département d'État conseille aussi de rester dans le véhicule verrouillé, vitre entrouverte, et de ne laisser monter aucun agent.
- Le Canada signale des barrages non officiels dressés pour soutirer de l'argent, parfois avec violence, surtout en zone rurale.
Lois à connaître
- Photographier sites militaires, bâtiments publics, aéroports et ports est interdit (France Diplomatie, Foreign Office). Le Foreign Office ajoute que des agents peuvent réclamer de l'argent pour un prétendu « permis » de photographier.
- Porter des vêtements de camouflage ou des insignes militaires sans autorisation est puni d'amende et de détention.
- L'usage et la détention de drogue sont sévèrement réprimés, le plus souvent par une peine de prison.
- Selon France Diplomatie, la loi punit les relations sexuelles entre personnes de même sexe de 6 mois à 5 ans de prison et d'une amende de 20 000 à 200 000 FCFA ; le Foreign Office signale des arrestations et des poursuites.
- Acheter, vendre ou transporter des animaux protégés ou leurs dérivés sans licence expose à des poursuites (Foreign Office).
Arnaques courantes
- Arnaques sentimentales : France Diplomatie fait état d'extorsions, parfois avec séquestration, après des rencontres sur Internet, et déconseille formellement les agences matrimoniales et entremetteurs. Le Canada met en garde contre le fait de venir rencontrer une personne connue en ligne.
- Escroqueries à l'avance de frais : héritage à toucher contre commission, rachat d'objets d'art, appel à l'aide pour une hospitalisation ou une arrestation (France Diplomatie). Le Foreign Office signale de fausses adoptions d'enfants et rappelle que le Cameroun n'a pas d'agences d'adoption.
- Arnaques aux entreprises : faux partenaires se présentant comme des sociétés ou des membres du gouvernement, fausses taxes d'importation, commandes payées avec des cartes volées (France Diplomatie).
- Fraude à la carte bancaire : fréquente aux distributeurs selon le Canada ; France Diplomatie conseille d'éviter les paiements par carte hors des hôtels de chaînes internationales.
- Fausses offres d'emploi : France Diplomatie recommande de signer un contrat écrit avant le départ, les conditions promises n'étant souvent pas respectées à l'arrivée.
Numéros d'urgence
Tous s'accordent sur le 117 pour la police. Pour les pompiers et les secours médicaux, les gouvernements étrangers donnent des numéros différents : le tableau les reprend tels quels.
| Service | France Diplomatie | Royaume-Uni | États-Unis | Canada |
|---|---|---|---|---|
| Police | 17, ou 117 depuis un portable (Yaoundé, Douala, Garoua) | 117 | 117 | 117 |
| Gendarmerie | 13, ou 113 depuis un portable (Centre, Littoral, Ouest, Nord-Ouest) | Non indiqué | Non indiqué | Non indiqué |
| Pompiers | Non indiqué | 119 | Non indiqué | 118 |
| Secours médicaux | Non indiqué | 112 | 112 dans les grandes villes ; +237 222 22 25 25 à Yaoundé | 119 |
| Sécurité à Douala | +237 233 43 65 72 (numéro vert) | — | — | — |
| Police des frontières (DGSN) | +237 222 20 11 17 / +237 222 21 28 84 | +237 222 21 28 84 | — | — |
Les ressortissants peuvent s'inscrire auprès de leur gouvernement pour recevoir les alertes : Fil d'Ariane (France), STEP (États-Unis), alertes par courriel du FCDO (Royaume-Uni). L'ambassade des États-Unis à Yaoundé répond au +237 222 20 15 00, y compris en dehors des heures ouvrables.
Questions fréquentes
Le Cameroun est-il dangereux pour les touristes ?
Les gouvernements étrangers ne déconseillent pas tout le pays mais l'Extrême-Nord, le Nord-Ouest, le Sud-Ouest et les zones frontalières. Ailleurs, ils appellent à une « prudence accrue » (États-Unis) ou une « grande prudence » (Canada), notamment face à la délinquance urbaine et aux dangers de la route.
Quelles régions du Cameroun sont déconseillées ?
Les quatre pays consultés visent l'Extrême-Nord, le Nord-Ouest, le Sud-Ouest, la presqu'île de Bakassi et les abords des frontières nigériane, tchadienne et centrafricaine, mais pas tous au même niveau : le Royaume-Uni admet les voyages essentiels à Maroua et à Limbé, et France Diplomatie ne classe en rouge qu'une partie du Sud-Ouest (Bakassi, Korup, ouest de Kumba et de Mamfe), le reste de la région étant en orange.
Yaoundé et Douala sont-elles sûres ?
Aucune restriction de voyage ne vise ces villes, mais le Foreign Office y signale vols à main armée et agressions, nomme des quartiers à éviter et déconseille les taxis hélés dans la rue.
Peut-on aller à Kribi en toute sécurité ?
La région du Sud n'est visée par aucune interdiction ; France Diplomatie la classe en vigilance renforcée (jaune). Elle signalait aussi en août 2026 une hausse de cas suspects de mpox à Kribi.
Quel est le numéro de la police au Cameroun ?
Le 117, selon toutes les sources consultées. Pour les pompiers et les secours médicaux, les numéros publiés diffèrent (118 ou 119 pour les pompiers, 112 ou 119 pour l'ambulance).
Faut-il avoir son passeport sur soi au Cameroun ?
Il faut toujours avoir une pièce d'identité : le titre de séjour ou une copie certifiée du passeport montrant le visa. Les contrôles sont fréquents et la police peut retenir une personne sans papiers.
Peut-on gravir le mont Cameroun en 2026 ?
France Diplomatie déconseille actuellement de s'y rendre en raison de la situation dans le Sud-Ouest, et le Foreign Office déconseille tout voyage à Buéa, d'où partent les ascensions.
À prendre avec prudence
Les quatre gouvernements ne découpent pas le territoire de la même façon (bandes frontalières de 20, 30 ou 40 km ; avis différents pour le Nord et l'Adamaoua) et ne publient pas les mêmes numéros d'urgence pour les pompiers et les secours médicaux. Le texte de France Diplomatie ne mentionne pas la région du Centre, et sa carte n'en donne pas de description écrite. Le niveau américain est celui de l'avis du 15 mai 2026, consulté dans une copie archivée de la page officielle. Ces avis évoluent : à revérifier avant chaque départ.