Les parcs nationaux du Cameroun : faune, accès et sécurité
Le Cameroun compte une quinzaine de parcs nationaux et plusieurs réserves de faune, des savanes du Nord aux forêts du bassin du Congo. Deux d'entre eux, la réserve du Dja et le parc de Lobéké (au sein du Trinational de la Sangha), font partie des trois sites camerounais du patrimoine mondial de l'UNESCO ; le troisième est le paysage culturel de Diy-Gid-Biy des monts Mandara, inscrit en 2025. Mais entre la brochure et la réalité, l'écart est grand : plusieurs parcs autrefois célèbres sont aujourd'hui dans des zones d'insécurité, d'autres ont été ravagés par le braconnage, et la plupart n'ont presque aucune infrastructure d'accueil. Cette fiche dresse un état des lieux honnête.
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Les grands parcs en un tableau
| Parc | Région | Superficie | Création | Faune emblématique | Accès et sécurité |
|---|---|---|---|---|---|
| Waza | Extrême-Nord | 1 700 km² | Réserve de chasse 1934, parc 1968, réserve de biosphère 1979 | Girafes, kobs, lions en déclin, oiseaux d'eau | Plus de touristes depuis 2013 ; formellement déconseillé |
| Bénoué | Nord | 1 800 ou 1 979 km² | Réserve 1932, parc 1968, réserve de biosphère 1981 | Élan de Derby, hippopotames, lions | Accès par la route Ngaoundéré-Garoua ; Nord déconseillé sauf raison essentielle |
| Bouba Ndjida | Nord | 2 114 à 2 200 km² | Réserve 1932, parc 1968 ou 1980 selon les sources | Antilopes (23 espèces), éléphants décimés en 2012 | Près du Tchad ; bande frontalière de 40 km formellement déconseillée |
| Faro | Nord | 3 300 ou 3 418 km² | 1980 (réserve forestière dès 1947) | Hippopotames, éléphants, lions | Frontière du Nigeria ; bande de 40 km formellement déconseillée |
| Mbam et Djerem | Centre et Adamaoua | 4 235 ou 4 290 km² | Janvier 2000 | Éléphants, chimpanzés, buffles, 360 espèces d'oiseaux | Mosaïque forêt-savane ; aucune offre touristique documentée |
| Réserve du Dja | Sud-Est du pays | 5 260 km² | 1950 ; UNESCO 1987 | Gorilles, chimpanzés, éléphants de forêt, léopards | Hors zone déconseillée ; forêt dense, accès difficile |
| Lobéké | Est | 2 150 à 2 178 km² | 1999 ou 2001 ; UNESCO 2012 (Trinational de la Sangha) | Éléphants de forêt et gorilles dans les baïs | Borde la Centrafrique ; bande de 40 km formellement déconseillée |
| Korup | Sud-Ouest | 1 260 km² | Octobre 1986 (réserve dès 1937) | Drills, colobes de Preuss, chimpanzés ; l'une des plus vieilles forêts d'Afrique | Entrée par Mundemba ; Sud-Ouest formellement déconseillé |
| Campo Ma'an | Sud | 2 640 ou 2 680 km² | 2000 | Gorilles des plaines de l'Ouest, chimpanzés, éléphants de forêt | Près de Campo et Kribi ; hors zone déconseillée |
| Mont Cameroun | Sud-Ouest | 581 km² | 2009 | Éléphants de forêt, drills, deux oiseaux endémiques | Départ de Buéa ; formellement déconseillé |
| Takamanda | Sud-Ouest | 676 km² | 2008 (réserve forestière dès 1934) | Gorille de la Cross River (200 à 250 individus) | Accès par Mamfé ; formellement déconseillé |
Les savanes du Nord : un patrimoine en péril
Waza, la Bénoué, Bouba Ndjida et le Faro ont fait la réputation du Cameroun auprès des amateurs de safari. À Waza, une étude publiée dans Oryx en 2022 rapporte que les touristes ne sont pas revenus depuis l'enlèvement d'une famille française par Boko Haram en 2013, que les financements ont diminué et que la faune a fortement décliné : lors d'une visite de trois jours en décembre 2021, les auteurs n'ont vu que six kobs. À la même époque, quelque 2 500 éleveurs et 35 000 têtes de bétail s'étaient réfugiés dans le parc pour fuir des affrontements intercommunautaires. Un recensement aérien de la Wildlife Conservation Society y a toutefois compté au moins 350 girafes du Kordofan.
Au début de 2012, des braconniers lourdement armés, venus du Soudan et du Tchad et circulant à cheval, ont massacré les éléphants de Bouba Ndjida. Le bilan varie selon les sources et les dates : environ 200 éléphants selon les premières dépêches de février 2012, puis 458 carcasses comptées et près de 500 éléphants tués selon les responsables du parc cités par la presse. La Bénoué reste connue pour l'élan de Derby, la plus grande antilope d'Afrique, et pour ses hippopotames ; le Faro abriterait la plus grande population d'hippopotames d'Afrique de l'Ouest et centrale selon Wikipédia.
Les forêts du Sud et de l'Est
La réserve de faune du Dja, créée en 1950 et inscrite au patrimoine mondial en 1987, est presque entièrement entourée par la rivière Dja. Environ 90 % de sa surface est restée intacte. Elle abrite plus de 1 500 espèces de plantes, plus de 107 espèces de mammifères et plus de 320 espèces d'oiseaux, et environ 40 000 personnes y vivent, dont des chasseurs-cueilleurs baka. À l'extrême sud-est, Lobéké fait partie du Trinational de la Sangha, inscrit à l'UNESCO en 2012 avec deux parcs voisins de Centrafrique et du Congo, sur 7 463 km² au total. Ses baïs, des clairières riches en minéraux, attirent certaines des plus fortes densités d'éléphants de forêt et de gorilles d'Afrique.
Campo Ma'an, créé en 2000 en compensation des dégâts attendus de l'oléoduc Tchad-Cameroun, longe l'Atlantique et la Guinée équatoriale. C'est le parc forestier le plus proche d'une zone touristique, Kribi. Il abrite des gorilles des plaines de l'Ouest et des chimpanzés, mais subit la chasse et l'exploitation forestière illégales ; certains Bagyeli y travaillent aujourd'hui comme guides.
Dans le Sud-Ouest, Korup, inauguré en 1986, est réputé pour l'observation des primates et des oiseaux ; on y entre par Mundemba et un pont suspendu construit en 1989. Takamanda, créé en 2008, protège le gorille de la Cross River, la sous-espèce de gorille la plus menacée. Selon un chercheur de l'université de Bournemouth (2022), le braconnage des chimpanzés et des éléphants a augmenté à Korup et à Takamanda après la fuite des écogardes, chassés par la crise anglophone.
Voir la faune sans risque : l'écotourisme accessible
- Le Limbe Wildlife Centre, à Limbé, recueille des gorilles, chimpanzés, drills, mandrills et babouins victimes du trafic. Ouvert de 9 h à 16 h, fermé le lundi ; 3 000 FCFA pour un adulte étranger, 500 FCFA pour un adulte camerounais (tarifs affichés en 2026). Limbé est classée « sauf raison essentielle » par le Royaume-Uni.
- À Ebodjé, près de Campo, l'association Tube Awù fait découvrir la protection des tortues marines (voir la fiche plages).
- Le lac Ossa, près d'Édéa, est une réserve de faune connue pour ses lamantins d'Afrique, accessible depuis Douala.
Dans les parcs eux-mêmes, Wikipédia indique qu'à Waza un guide est obligatoire et que le parc n'ouvre qu'entre le 15 novembre et le 15 juin, pendant la saison sèche. Aucun barème officiel des droits d'entrée dans les parcs nationaux n'a été trouvé en ligne.
Questions fréquentes
Combien y a-t-il de parcs nationaux au Cameroun ?
La liste de Wikipédia compte treize parcs nationaux, auxquels s'ajoutent le mont Cameroun (2009), des réserves de faune comme le Dja et le lac Ossa, et des sanctuaires.
Quels parcs du Cameroun sont classés à l'UNESCO ?
La réserve de faune du Dja (1987) et le parc de Lobéké, au sein du Trinational de la Sangha (2012). Waza, Bouba Ndjida et Campo Ma'an figurent sur la liste indicative depuis 2018. Le troisième site camerounais du patrimoine mondial, Diy-Gid-Biy (2025), est culturel.
Peut-on encore visiter le parc de Waza ?
Le parc est dans l'Extrême-Nord, où le Royaume-Uni déconseille formellement tout déplacement en 2026, et les touristes n'y sont pas revenus depuis 2013 selon une étude publiée en 2022.
Où voir des gorilles au Cameroun ?
Les gorilles vivent au Dja, à Lobéké, à Campo Ma'an et, pour le gorille de la Cross River, à Takamanda. Le moyen le plus simple d'en voir reste le Limbe Wildlife Centre, qui recueille des animaux sauvés du trafic.
Que s'est-il passé à Bouba Ndjida en 2012 ?
Des braconniers armés venus du Soudan et du Tchad, à cheval, y ont tué des centaines d'éléphants au début de 2012 : environ 200 selon les premiers bilans, près de 500 selon les responsables du parc.
À prendre avec prudence
Plusieurs chiffres divergent entre la fiche Wikipédia de chaque parc et la liste des aires protégées : superficie de la Bénoué (1 800 ou 1 979 km²), date de Bouba Ndjida (1968 ou 1980), date de Lobéké (1999 ou 2001). Le bilan du massacre de 2012 va d'environ 200 à près de 500 éléphants selon la date et la source. Les données UNESCO reprises ici viennent de sources secondaires (Wikipédia, presse), et non des fiches de l'UNESCO et de Protected Planet. Aucun tarif d'entrée officiel n'a été trouvé.