Assiko
La musique de la guitare et de la bouteille, venue du pays bassa
Époque : Années 1950-1960 · Les Bassa avant tout, mais aussi les Beti (Eton, Boulou), qui en jouent leurs propres variantes

Qu'est-ce que c'est ?
L'assiko est à la fois une danse et une musique, surtout pratiquées par les Bassa, établis dans le Centre et le Littoral. Un chanteur s'y accompagne à la guitare, tandis qu'un percussionniste frappe une bouteille vide avec un couteau ou une fourchette. Il était très populaire au moment de l'indépendance.
Histoire et origine du nom
À l'origine, l'assiko est une danse traditionnelle de guérison, devenue avec le temps une danse de fête. Il est rapproché de la palm-wine music, la musique de guitare des côtes d'Afrique de l'Ouest. Le guitariste Jean Bikoko, dit Aladin, en a été le grand popularisateur.
Rythme, instruments et danse
- Un rythme rapide, syncopé et saccadé dans sa forme bassa ; d'autres variantes, comme l'assiko boulou, sont plus calmes.
- La guitare tient le premier rôle, alternant accompagnement et solos entre les couplets ; la bouteille vide sert de percussion, au point que le violoniste Jean-Luc Ponty l'a surnommé « bottle-bop ». Contrebasse, batterie et cuivres complètent parfois l'ensemble.
- Les danseurs, en pagne et souvent pieds nus, avancent à petits pas en roulant des hanches, s'accroupissent et font des acrobaties, parfois une bouteille posée en équilibre sur la tête.
Artistes marquants
- Jean Bikoko « Aladin » — guitariste et chanteur né en 1939 à Éséka, surnommé le « pape de l'assiko », qui a largement popularisé le genre.
- Dikoume Bernard — cité avec Jean Bikoko parmi les figures de l'assiko au lendemain de l'indépendance.
- Olivier de Clovis Bonga — l'un des principaux artistes d'assiko des générations suivantes.
- Samson Chaud Gars — autre artiste d'assiko régulièrement cité parmi les principaux du genre.
Aujourd'hui
L'assiko a nourri le makossa de Douala, dont le jeu de guitare lui doit beaucoup : certains y voient même un assiko ralenti. Chaque région en joue sa propre forme, de l'assiko bassa ou eton, rapide et « musclé », à la danse de la bouteille du Nord-Ouest. Il compte, avec le makossa, le bikutsi et le mangambeu, parmi les quatre grands rythmes du Cameroun.
Ce que les sources ne tranchent pas
Wikipédia en anglais fait venir le nom de « isi » (la terre) et « koo » (le pied), une étymologie que les autres sources consultées ne confirment pas. La date de mort de Jean Bikoko varie selon les sources (2005 ou 2010).