Centre · Littoral

Assiko

La musique de la guitare et de la bouteille, venue du pays bassa

Époque : Années 1950-1960 · Les Bassa avant tout, mais aussi les Beti (Eton, Boulou), qui en jouent leurs propres variantes

Jeunes danseuses d'assiko à Hikoadjom, le 8 mars 2017
Jeunes danseuses d'assiko à Hikoadjom, le 8 mars 2017 — Photo : Hikoadjom, CC BY-SA 4.0

Qu'est-ce que c'est ?

L'assiko est à la fois une danse et une musique, surtout pratiquées par les Bassa, établis dans le Centre et le Littoral. Un chanteur s'y accompagne à la guitare, tandis qu'un percussionniste frappe une bouteille vide avec un couteau ou une fourchette. Il était très populaire au moment de l'indépendance.

Histoire et origine du nom

À l'origine, l'assiko est une danse traditionnelle de guérison, devenue avec le temps une danse de fête. Il est rapproché de la palm-wine music, la musique de guitare des côtes d'Afrique de l'Ouest. Le guitariste Jean Bikoko, dit Aladin, en a été le grand popularisateur.

Rythme, instruments et danse

  • Un rythme rapide, syncopé et saccadé dans sa forme bassa ; d'autres variantes, comme l'assiko boulou, sont plus calmes.
  • La guitare tient le premier rôle, alternant accompagnement et solos entre les couplets ; la bouteille vide sert de percussion, au point que le violoniste Jean-Luc Ponty l'a surnommé « bottle-bop ». Contrebasse, batterie et cuivres complètent parfois l'ensemble.
  • Les danseurs, en pagne et souvent pieds nus, avancent à petits pas en roulant des hanches, s'accroupissent et font des acrobaties, parfois une bouteille posée en équilibre sur la tête.

Artistes marquants

  • Jean Bikoko « Aladin » — guitariste et chanteur né en 1939 à Éséka, surnommé le « pape de l'assiko », qui a largement popularisé le genre.
  • Dikoume Bernard — cité avec Jean Bikoko parmi les figures de l'assiko au lendemain de l'indépendance.
  • Olivier de Clovis Bonga — l'un des principaux artistes d'assiko des générations suivantes.
  • Samson Chaud Gars — autre artiste d'assiko régulièrement cité parmi les principaux du genre.

Aujourd'hui

L'assiko a nourri le makossa de Douala, dont le jeu de guitare lui doit beaucoup : certains y voient même un assiko ralenti. Chaque région en joue sa propre forme, de l'assiko bassa ou eton, rapide et « musclé », à la danse de la bouteille du Nord-Ouest. Il compte, avec le makossa, le bikutsi et le mangambeu, parmi les quatre grands rythmes du Cameroun.

Ce que les sources ne tranchent pas

Wikipédia en anglais fait venir le nom de « isi » (la terre) et « koo » (le pied), une étymologie que les autres sources consultées ne confirment pas. La date de mort de Jean Bikoko varie selon les sources (2005 ou 2010).

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Sources consultées