Ouest · Littoral

Bend skin

Le rythme urbain des années de crise, venu du pays bamiléké

Époque : Années 1990 · Les Bamiléké, notamment les Bangangté de langue medumba

Aussi écrit : Bend-skin, Ben skin, Bendskin

Michael Kiessou sur scène au festival Fomaric
Michael Kiessou sur scène au festival Fomaric — Photo : Gof237, CC BY-SA 4.0

Qu'est-ce que c'est ?

Le bend skin est une musique populaire urbaine du Cameroun, apparentée au mangambeu et étroitement liée au pays bamiléké, dans l'Ouest. Il se joue avec un accompagnement réduit, des tambours et des maracas, derrière un chanteur qui chante et rappe. Les textes sont souvent en medumba, la langue de Bangangté, ou dans d'autres langues bamiléké.

Histoire et origine du nom

Le genre se popularise en 1993 dans le quartier de New Bell, à Douala, en pleine crise économique. Il est présenté comme issu du mangambeu, et le chanteur André-Marie Tala le fait connaître dans les années 1990 en le tirant de son propre style, le tchamassi. Le même nom désigne au Cameroun les moto-taxis.

Rythme, instruments et danse

  • Un rythme de danse entraînant, joué à l'origine pour animer les fêtes en pays bamiléké.
  • Une instrumentation dépouillée : des tambours et des maracas, souvent fabriquées avec des canettes de soda.
  • Une danse où l'on évolue courbé vers l'avant en trépignant, et un chant qui alterne mélodie et rap.

Artistes marquants

  • Kouchouam Mbada — le groupe le plus associé au genre, qu'il a contribué à populariser dans les années 1990.
  • André-Marie Tala — chanteur et guitariste né en 1950 à Bandjoun, auteur d'une cassette intitulée « Bend Skin » (1993) et de la compilation « Bend Skin Beats » (2009).
  • Marole Tchamba — l'un des artistes qui ont relancé le genre au XXIe siècle.
  • Michael Kiessou — autre figure du renouveau du bend skin au XXIe siècle.
  • Keng Godefroy — cité parmi les artistes qui ont rendu au genre sa popularité.

Aujourd'hui

Après son essor des années 1990, le bend skin a connu un nouveau succès au XXIe siècle avec une nouvelle génération d'artistes. Il gagne du terrain dans la plupart des villes du pays, tout en restant étroitement associé à l'Ouest et aux Bamiléké.

Ce que les sources ne tranchent pas

Les sources divergent sur la paternité du genre : les unes le rattachent au mangambeu et au groupe Kouchouam Mbada, d'autres en font une évolution du tchamassi d'André-Marie Tala, d'autres encore emploient « mangambeu » et « bend skin » comme synonymes. L'origine du nom, qu'on rapproche du dos courbé des danseurs, n'est qu'une hypothèse, et les sources ne disent pas si la musique a donné son nom aux moto-taxis ou l'inverse.

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Sources consultées