Centre · Sud

Mvet

L'épopée chantée des peuples ekang, et la harpe-cithare qui l'accompagne

Époque : Tradition ancienne, d'origine mal connue ; inscrite à l'UNESCO en 2025 · Les peuples ekang : Fang, Beti et Bulu

Aussi écrit : Mvett, Mver, Mvet Oyeng

Un mvet, cithare sur bâton à trois résonateurs en calebasse
Un mvet, cithare sur bâton à trois résonateurs en calebasse — Photo : Sguastevi, CC BY-SA 4.0

Qu'est-ce que c'est ?

Le mot mvet désigne à la fois un instrument à cordes, sorte de harpe-cithare, et les longs récits épiques qu'il accompagne. Le joueur, appelé mbom-mvet, est un barde initié qui déclame, chante et danse ces épopées. Cet art est partagé par les Fang, les Beti et les Bulu, notamment au Cameroun, au Gabon et en Guinée équatoriale.

Histoire et origine du nom

L'origine du mvet, comme celle des Fang, est mal connue. Selon la légende, pendant la migration de ces peuples, le guerrier et musicien Oyono Ada Ngone tombe dans un coma d'une semaine, au cours duquel un esprit, Eyo, lui transmet l'instrument et les récits des exploits des Ekang ; à son réveil, il le fabrique. Le nom viendrait du verbe « a vet », « s'élever ».

Rythme, instruments et danse

  • Une performance collective : l'assistance accompagne le barde en battant des mains, en chantant et en dialoguant avec lui. Le mvet existe sous une forme sacrée, réservée aux grandes cérémonies, et une forme populaire, jouée lors des fêtes.
  • Une cithare sur bâton en raphia ou en bambou, longue d'un à deux mètres, munie le plus souvent de trois calebasses servant de résonateurs ; un chevalet central sépare quatre ou cinq cordes, pincées des deux côtés. Le musicien la tient à l'horizontale contre sa poitrine.
  • Des épopées situées dans un monde imaginaire où le peuple immortel d'Engong, mené par Akoma Mba, affronte les mortels d'Oku ; elles transmettent la mémoire des lignages et des valeurs comme le courage, l'honneur et la solidarité.

Artistes marquants

  • Daniel Osomo Meva'a — présenté par Cameroon Tribune comme l'un des plus grands joueurs de mvet du sud du Cameroun.
  • Samuel-Martin Eno Belinga — poète et musicologue né à Ebolowa (1935-2004), qui enregistre en 1967 un mvet rituel interprété par Daniel Ossomo, conservé dans les archives sonores du CNRS.
  • Tsira Ndong Ndoutoume — auteur de « Le Mvett : épopée fang », qui rapporte la légende d'Oyono Ada Ngone, et de « Le Mvett : l'homme, la mort et l'immortalité » (1993).
  • Pierre Alexandre — auteur en 1974 d'une étude sur le mvet du Gabon et du Cameroun, parue dans le bulletin de la School of Oriental and African Studies de Londres.

Aujourd'hui

Le 10 décembre 2025, le « Mvet Oyeng, art musical, pratiques et savoir-faire associés à la communauté ekang » a été inscrit au patrimoine culturel immatériel de l'humanité, lors de la 20e session du comité de l'UNESCO à New Delhi, sur une candidature commune du Cameroun, du Gabon et du Congo. Chez les Beti, les veillées de mvet précèdent traditionnellement la phase de bikutsi, plus libre.

Ce que les sources ne tranchent pas

L'étymologie du mot n'est donnée que par une seule source. Pour l'inscription à l'UNESCO, la presse camerounaise et gabonaise retient le 10 décembre 2025 et trois pays, mais un autre média cite le 11 décembre et cinq pays, en ajoutant la Guinée équatoriale et Sao Tomé-et-Principe.

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Sources consultées