Bassa
La langue du pays bassa, entre Douala et Yaoundé
Famille : Niger-Congo, bantou (zone A, groupe basaa, A.43)
Locuteurs : Environ 300 000 locuteurs selon Ethnologue (chiffre de 2005)
Aussi appelée : Basaá, Basaa, Mbene
Où et par qui elle est parlée
Le bassa, ou basaá, est la langue bantoue du peuple bassa. Selon l'Atlas linguistique du Cameroun (2012), il est parlé dans le Nyong-et-Kéllé (région du Centre), la Sanaga-Maritime et le Nkam (Littoral), ainsi que dans le Wouri, où la croissance de Douala transforme un territoire bassa traditionnel, et dans l'Océan (Sud). C'est une langue à tons, avec un b implosif, dont la variété mbene sert de référence.
Histoire et écriture
Pendant la période allemande, les missionnaires protestants allemands et presbytériens américains ont préféré le bassa, avec quelques autres langues locales, pour enseigner et évangéliser. Pierre Lemb et François de Gastines publient en 1973 un Dictionnaire basaá-français de plus de 500 pages au collège Libermann de Douala. La langue s'écrit aujourd'hui selon l'Alphabet général des langues camerounaises, les tons étant notés par des accents.
Où l'entendre aujourd'hui
- Langue d'école : le bassa a fait partie des premières langues du programme PROPELCA d'enseignement en langues camerounaises, puis du programme ELAN-Afrique.
- Langue de communication au-delà de son territoire : Breton et Fohtung (1991) la comptent parmi les neuf grandes langues véhiculaires du Cameroun.
- Langue de l'assiko, la musique et la danse des Bassa, et du mbongo tchobi, plat devenu national, deux mots passés dans le français du Cameroun.
Quelques mots
- malép
- eau
- mùdàa
- femme
- ndi laa
- comment ?
- mbongo tchobi
- sauce noire traditionnelle des Bassa, servie avec de la viande ou du poisson
- assiko
- musique et danse des Bassa
Ce que les sources ne tranchent pas
Les chiffres divergent : environ 300 000 locuteurs selon Ethnologue (2005), 230 000 selon une autre estimation citée par Wikipédia, quand le peuple bassa compterait environ 800 000 personnes. Édéa est souvent présentée comme le cœur du pays bassa, mais l'Atlas linguistique du Cameroun y donne la majorité au bakoko, une variété apparentée (A.43b).