Pidgin camerounais
La langue de la rue et du marché, d'un bout à l'autre de l'Ouest anglophone
Famille : Créole à base lexicale anglaise, de la famille des pidgins anglais d'Afrique de l'Ouest
Locuteurs : Environ 12 millions de locuteurs selon Ethnologue (chiffre de 2017) ; selon une étude de 2017, il est la langue maternelle d'environ 5 % des Camerounais, mais près de la moitié de la population le parle sous une forme ou une autre.
Aussi appelée : Kamtok, Cameroon Pidgin English, Wes Cos, Pidgin English
Où et par qui elle est parlée
Le pidgin camerounais, ou kamtok (de « Cameroon talk »), est un créole à base d'anglais, proche des pidgins parlés le long de la côte ouest-africaine. Il domine dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, mais sert aussi de langue véhiculaire dans l'Ouest et le Littoral francophones, notamment à Douala. Ses locuteurs distinguent nettement l'anglais standard, qu'ils appellent « Grammar ».
Histoire et écriture
Né comme langue de contact sur la côte au temps de la traite atlantique, il précède l'anglais au Cameroun : les missionnaires baptistes arrivés en 1845 ont dû l'apprendre. Sous la colonisation allemande (1884-1914), il a résisté à une interdiction et s'est répandu dans les plantations, où travaillaient des ouvriers venus de tout l'arrière-pays. Il s'écrit en alphabet latin ; un Nouveau Testament en pidgin, « Gud Nyus fo ol Pipul », a paru en 2000.
Où l'entendre aujourd'hui
- Langue des marchés et du commerce, notamment à Douala, où le brassage des populations en a fait la langue des transactions.
- Langue d'Église : une variété liturgique est employée par l'Église catholique depuis trois quarts de siècle.
- Langue des cours de récréation, des campus et des campagnes politiques, qui gagne aussi les médias parlés, malgré les campagnes « No Pidgin on Campus » de l'université de Buéa.
Quelques mots
- sabi
- Savoir, connaître.
- tchop
- Manger.
- waka
- Marcher, ou bien fonctionner.
- wata
- Eau (de l'anglais « water »).
- Wes Cos
- Nom que la langue se donne à elle-même, de « West Coast », la côte ouest.
Ce que les sources ne tranchent pas
Le nombre de locuteurs varie beaucoup selon les sources : Ethnologue avance 12 millions, quand l'université Laval en compte « au moins deux ou trois millions ». Les débuts exacts de ce pidgin anglais sur la côte camerounaise restent obscurs.