Camfranglais
Le parler des jeunes des villes, où le français se mêle d'anglais, de pidgin et de langues locales
Famille : Parler mixte : français, anglais, pidgin et langues camerounaises
Aussi appelée : Francanglais, Camfranglish
Où et par qui elle est parlée
Le camfranglais, dont le nom réunit « camerounais », « français » et « anglais », est un parler urbain qui garde la grammaire du français et y mêle des mots anglais, pidgin et des langues camerounaises. Il est surtout pratiqué par les jeunes, entre 12 et 26 ans environ, dans les grandes villes où francophones et anglophones se côtoient. Ce site lui consacre un dictionnaire des expressions camerounaises.
Histoire et écriture
Il serait apparu après la réunification du Cameroun, dans les marchés, les ports, les écoles et les stades des grandes villes. Il est devenu à la mode à la fin des années 1990, porté en partie par les musiciens. Les linguistes discutent encore de son statut : argot, langue mixte ou « sociolecte hybride des jeunes urbains ».
Où l'entendre aujourd'hui
- Parler de la rue et des amis, qui sert de marqueur d'identité urbaine et moderne, face au français, à l'anglais et aux langues des villages.
- Parler des lycées et collèges, où des élèves de langues différentes se retrouvent ensemble et l'emploient pour ne pas être compris des non-initiés.
- Langue de la musique urbaine et de la littérature, chez des artistes comme Koppo ou AkSangGrave, et de plus en plus d'internet.
Quelques mots
- La big-reme va bring mon binji au school
- La grand-mère est allée prendre mon petit frère à l'école.
- Je wanda
- Ça m'étonne !
- Le kwatt
- Le quartier.
Ce que les sources ne tranchent pas
La date d'apparition diverge : le milieu des années 1970, après la réunification, selon le Historical Dictionary of Cameroon cité par Wikipédia en anglais ; le début des années 1980, parmi les étudiants de Yaoundé, selon Wikipédia en français. Son statut de langue à part entière est lui aussi débattu : la base de données Glottolog le classe parmi les variétés du français.