Argot camerounais : le vocabulaire cru et sexuel
Une bonne part de l'argot camerounais touche au sexe. Ces mots appartiennent au registre cru ou vulgaire : on les entend entre proches, rarement en public.
54 expressions. Un même mot peut figurer dans plusieurs thèmes.
Appuyer
v. Faire l’amour. Terme du registre familier.
Exemple"J'ai appuyé la petite hier soir".
Bangala
Sexe masculin, dans un registre volontairement cru et dévalorisant. Le mot est à éviter en présence de personnes qu'on respecte.
Bangaliser
Coucher avec quelqu'un. Le verbe est formé sur le nom du sexe masculin, avec le suffixe français des verbes du premier groupe — une construction typique de ce parler.
Bilingue
adj. Bisexuel. Le mot détourne avec humour le qualificatif officiel du pays, qui a le français et l'anglais pour langues officielles.
Bobis
Les seins. Terme familier, du registre relâché, employé entre proches. À éviter dans une conversation formelle.
Boguess
Prostituée. Terme péjoratif du registre familier, qui appartient au vocabulaire de la rue.
Bordelle
Prostituée. Le mot est formé sur le français « bordel », transformé en nom de personne par l'ajout d'une finale féminine.
Casse-mbit
Femme qui a plusieurs partenaires sexuels, qui « distribue » ses faveurs. Terme cru et péjoratif, formé d'un verbe français et du nom argotique du sexe masculin.
Casser le derrière (ou fracasser)
Sodomiser. Expression très vulgaire de l'argot camerounais, qui désigne un rapport sexuel par voie anale en insistant sur sa brutalité.
Caver
Pratiquer un cunnilingus, c'est-à-dire stimuler avec la bouche le sexe d'une femme. Verbe vulgaire de l'argot des jeunes Camerounais, propre aux conversations crues.
Chiba
v. 1. Acte de faire la chatte sexuellement parlant 2. Prendre la fuite (expression surtout utilisée dans les coups foireux, par les feymans). 3.Descendre
Chibaeur (euse)
Au masculin, homme qui pratique le cunnilingus ; au féminin, femme qui pratique la fellation. Nom vulgaire du camfranglais, formé avec un suffixe français d'agent sur un verbe d'argot désignant ces pratiques.
Combo
Faire l'amour. Terme cru du camfranglais, l'argot des jeunes citadins camerounais, qui compte de nombreux synonymes plus ou moins imagés pour désigner l'acte sexuel ; on le rencontre aussi écrit avec un k. Il s'emploie entre intimes et reste déplacé dans une conversation soutenue.
Couper
1. Avoir des relations sexuelles avec quelqu'un, ou faire la cour à une femme. 2. Escroquer, soutirer de l'argent, se dit notamment des policiers véreux qui rançonnent les usagers. Dans le français du Cameroun, le verbe signifie aussi diminuer, réduire quelque chose, par exemple son âge.
ExempleBandéco (frère), les mazembés m'ont coupé fap cent hier.
Débat
Les fesses d'une fille en particulier. On doit cette expression au président Paul Biya, qui parlait d'organiser un large échange, et son ministre avait parlé en conférence de presse d'un grand échange, avant que le président ne repasse derrière pour affirmer qu'il s'agissait bien d'un large échange. Anecdotique ! Et comme les Camerounais ont de la suite dans les idées, l'image d'une femme de l'appareil du parti, plutôt forte, est venue à l'esprit coquin-taquin des gens pour assimiler le mot à l'arrière-train.
Depso
Homosexuel, employé comme insulte. Terme injurieux et discriminant du registre le plus cru, dont l'usage stigmatise.
Elan (b)
Sexe de la femme, employé comme injure. Terme grossier réservé au registre le plus cru et injurieux.
Fika
Avoir un rapport sexuel, faire l'amour. Terme argotique et cru du camfranglais, l'un des nombreux verbes que ce parler des jeunes urbains possède pour désigner l'acte sexuel.
Fok
Faire l'amour, dans un registre cru. Le mot est une adaptation de l'équivalent vulgaire anglais.
Fom
Avoir un rapport sexuel avec une femme, coucher avec elle. Verbe argotique et vulgaire du camfranglais, employé du point de vue de l'homme, la femme étant le complément du verbe.
Gaspiller
Faire l'amour, avoir un rapport sexuel. Emploi argotique et cru d'un verbe français ordinaire, détourné de son sens habituel de dilapider ; seul le contexte permet de comprendre ce sens.
Guess
Maison close, lieu de prostitution. Terme familier et cru désignant un établissement de débauche.
Jembe
Jouir, atteindre l'orgasme au cours d'un rapport sexuel. Verbe cru de l'argot camerounais, d'usage vulgaire, réservé aux conversations familières entre proches.
Kombo
Faire l'amour.
ExempleJ'ai kombo avec ma copine.
Lion
Encore une appellation "intime" du pénis, pour mettre en avant une taille importante.
Maboya-Makeve
Prostituée, femme qui fait commerce de son corps. Terme populaire et péjoratif ; selon la liste d'origine, il viendrait du beti, où il signifierait « je fais comment, je vais où ? ».
Mbinda
Faire l'amour, avoir un rapport sexuel. Verbe argotique et cru du camfranglais, qui entre aussi dans des expressions qualifiant la manière, plus ou moins brutale, de faire l'amour.
M'bit
Sexe masculin, pénis. Nom vulgaire de l'argot camerounais, réservé aux conversations crues et aux plaisanteries grivoises.
Mbock
Prostituée. Le terme relève de l'argot et de la langue familière, surtout orale, des villes comme des campagnes ; des romanciers camerounais l'emploient pour restituer la parole de leurs personnages, ce qu'ont relevé les études sur le français littéraire du pays.
Mop
v. Embrasser une fille, coucher avec.
ExempleJ'ai déjà mop la ngui-là.
Mpoti
Rapport sexuel à plusieurs partenaires, partouze ; désigne aussi la tournante, c'est-à-dire un viol collectif. Terme argotique et cru du camfranglais.
Ndjember
Éjaculer, atteindre l'orgasme pour un homme. Verbe vulgaire de l'argot camerounais, conjugué à la française, réservé aux conversations crues.
Ngondélé
Jeune fille aux mœurs jugées légères, qui multiplie les aventures. Terme populaire et péjoratif, porteur d'un jugement moral sur la conduite des jeunes femmes.
Niaque
Faire l'amour, avoir un rapport sexuel. Verbe argotique et cru du camfranglais, à distinguer de son homographe du français familier, qui désigne la combativité.
Exempleils étaient entrain de niaque
Niass
Faire l'amour avec ardeur, comme pour épuiser sa ou son partenaire : le verbe signifie au sens propre « tuer », et s'emploie ici par image. Terme argotique et cru du camfranglais.
Nioxer
Avoir des rapports sexuels, dans un registre cru et vulgaire. Le verbe, qu'on écrit aussi avec un y, appartient au camfranglais, l'argot des jeunes citadins camerounais ; il a été popularisé par Petit-Pays, figure du makossa, qui en a fait le titre d'une chanson reprise sur sa compilation « Le CV de Petit Pays » (1997).
ExempleSi tu as le do tu vas la nioxer là-là-là
Ntot
Désigne le sexe de la femme ; s'emploie aussi comme verbe au sens d'avoir un rapport sexuel. Terme très vulgaire de l'argot camerounais, réservé aux conversations crues entre intimes.
Ntui
1. Baiser
ExempleJe l'ai n'tui.
Pepcube
Acte sexuel. Terme argotique et cru du camfranglais, employé entre jeunes pour évoquer les relations sexuelles sans les nommer directement ; son origine n'est pas documentée.
Piner
Avoir un rapport sexuel. Verbe vulgaire venu de l'argot de France, où il est formé sur un nom populaire du sexe masculin ; au Cameroun comme en France, il appartient à un registre cru.
Pintchap
Avoir un rapport sexuel. Verbe argotique et cru du camfranglais, employé dans les conversations entre jeunes ; son origine n'est pas documentée.
Pistacher
Avoir un rapport sexuel. Emploi populaire et grivois relevé au Cameroun par la Base de données lexicographiques panafricaine (BDLP), propre aux conversations familières.
Plantain
Pénis, par analogie de forme avec la grosse banane à cuire, aliment de base au Cameroun. Terme vulgaire et imagé, employé sur le ton de la plaisanterie grivoise.
Rince-rein
Jeune femme jugée facile, qui accepterait aisément des relations sexuelles. Terme péjoratif et sexiste de l'argot camerounais, employé dans des conversations crues entre hommes.
Saccager
Avoir un rapport sexuel, dans un registre vulgaire. Le camfranglais détourne ici un verbe français qui signifie « dévaster, piller » : image brutale, employée dans des propos crus entre jeunes.
Sèkèlè
Avoir des rapports sexuels ; le glossaire de Paul Willekens précise « toute la nuit », c'est-à-dire de façon prolongée. Terme argotique et cru du camfranglais.
Tchoukam-pass
Jeune femme jugée facile, avec qui un homme a une aventure d'un soir avant de la quitter pour une autre. Composé péjoratif et sexiste de l'argot camerounais, employé dans des conversations crues entre hommes.
Témoigner
Avoir des rapports sexuels. Emploi argotique et plaisant, au Cameroun, d'un verbe français courant, utilisé par euphémisme dans les conversations entre jeunes ; le verbe garde par ailleurs son sens habituel de confirmer, attester.
Top50
En faire partie, c'est être homosexuel, en allusion à une liste de 50 personnalités parue en 2008 à qui on attribuait ce penchant.
Torpiller
Baiser, faire l'amour. Akiééé, ces Camerounais! Combien de mots? Tout aussi imaginatif les uns que les autres!
Touma
Avoir un rapport sexuel. Verbe argotique et cru du camfranglais, relevé par le glossaire de Paul Willekens et par l'annexe du Wiktionnaire, employé dans les conversations entre jeunes.
Wolowoss
Prostituée, dans un registre nettement méprisant. Le mot est plus dur que ses synonymes et marque le rejet social.
Zob
Pénis, sexe de l'homme. Terme argotique et vulgaire, commun au français de France et d'Afrique : il est entré dans l'argot des soldats français vers 1870, par les zouaves, à partir d'un mot arabe désignant le membre viril.
Zoze
Sexe masculin. Terme du registre cru, employé entre hommes ou dans un contexte relâché.