Expressions camerounaises pour se battre, se disputer ou fuir
Frapper, se quereller, lancer une menace avant l'affrontement ou détaler à toutes jambes : le parler camerounais est riche en mots pour le conflit et pour la fuite.
37 expressions. Un même mot peut figurer dans plusieurs thèmes.
Arts (les)
Les disciplines de combat venues d'Asie, karaté, judo ou kung-fu confondus. Toujours au pluriel et précédé de l'article, comme beaucoup d'activités désignées par leur forme abrégée.
Blow
Frapper.
ExempleJe vais te blow.
Chiba
v. 1. Acte de faire la chatte sexuellement parlant 2. Prendre la fuite (expression surtout utilisée dans les coups foireux, par les feymans). 3.Descendre
Détaler
S'enfuir à toutes jambes, décamper précipitamment. Le verbe évoque la fuite rapide et sans se retourner, souvent pour échapper à un danger ou à une corvée.
Do bad
Faire du mal, blesser ou nuire à quelqu'un. Locution calquée sur l'anglais, employée dans le registre familier des jeunes.
Doser
v. 1. Manger avec (très) bon appétit. 2. Donner des coups 3. Dans l'expression ça dose! on traduit l'appréciation que l'on a pour quelque chose.
Finir
v. 1. (...) quelqu'un : l'étonner grandement, lui faire très mal, le dominer outrageusement. 2. (...) avec quelqu'un : régler une affaire avec lui, procéder au règlement. 3. Satisfaire une demande.
Iyeuuu! ou Iyo!
Cri de joie, que l'on entend aussi autour d'une bagarre : les spectateurs s'en servent pour exciter les adversaires, même si le cri peut accompagner une rixe sans intention de l'attiser. Interjection populaire et familière, propre à l'oral.
Kori
Prise d'étranglement en art martial ou en sport de combat, qui consiste à enserrer le cou de l'adversaire pour l'immobiliser ou le contraindre à abandonner. Terme du parler populaire camerounais.
Kung-fu
Mauvaises intentions, desseins malveillants ou arrière-pensées que l'on soupçonne chez quelqu'un. Nom masculin de l'argot camerounais, emprunté au nom d'un art martial et employé au figuré, sur un ton familier.
Mara
n.m. Course, fuite plus précisément. On en pique un, en cas de danger. Vient du nom d'une longue course à pied.
Nack
Battre, frapper quelqu'un, parfois violemment. Le verbe entre dans des expressions imagées du camfranglais : appliqué à la poitrine, il signifie s'enorgueillir, et appliqué au corps, se gêner.
ExempleEasy avec le frérot là. Il ya bad ! Son pacho vient de le nack comme un mboma.
Ndomo
Frapper, cogner quelqu'un, lui donner des coups. Verbe familier du parler populaire camerounais, employé à propos des bagarres comme des corrections.
Ndoss
Personne au tempérament chaud, qui n'a cure des règles et sait se montrer rusée, notamment en affaires. Le mot vient du pidgin-english ; dans la presse et les dictionnaires du français camerounais, il désigne plus franchement un voyou, un brigand, voire un braqueur.
ExempleCe 10 janvier, 4 ndoss ont fait irruption dans la ville et ont voulu cambrioler l'agence Express Union. (Le Popoli, n° 959, 2008)
Nerveux
Se dit d'une personne qui s'emporte au moindre mot ; à l'inverse, au sens élogieux, d'une personne qui maîtrise parfaitement son sujet. Adjectif du français courant dont le sens s'est élargi au Cameroun : placé devant le nom, il sert aussi d'intensif pour qualifier ce qui est puissant, impressionnant.
Nyong ou Nyongo
S'enfuir, se dérober, disparaître pour échapper à une situation ou à une responsabilité. Verbe du camfranglais, il reste invariable comme la plupart des verbes empruntés : on dit « il a » suivi de la forme nue, sans marque de participe passé.
ExempleIl a nyongo dans les mapans dès qu'il a know que sa ngah était bèlè. (Il a fui dès qu'il a su que sa petite amie était enceinte.)
O ne za (b)
"Qui es-tu?" Interpellation usuelle en cas d'affrontement. On switche volontiers en béti.
O ne zeze (b)
"Tu n'es rien !" Invective usuelle en cas d'affrontement, lancée pour rabaisser l'adversaire ou en réponse à une provocation.
Pala-pala
1.Querelles 2. Souvent une lutte jugée désordonnée, des combats de filles souvent.
Palaba (p)
Querelle, dispute, histoire qui tourne mal ; en pidgin, le mot désigne d'abord la parole, puis les ennuis qu'elle provoque. Il fait partie des emprunts que le pidgin-english camerounais doit au portugais des premiers navigateurs, de la même famille que l'assemblée de village où l'on règle les conflits par la discussion.
Panapo
Problèmes, ennuis : situation compliquée dans laquelle on se retrouve, ou que l'on cause à autrui. Nom masculin de l'argot camerounais, d'emploi familier ; son origine n'est pas documentée.
Pem
Fuir, s'enfuir, déguerpir en vitesse pour échapper à quelqu'un ou à une situation. Verbe bref du camfranglais, employé surtout à l'infinitif ; il connaît une variante dont la voyelle s'arrondit en « ou », selon les influences linguistiques des locuteurs.
ExempleIl voulait pem, mais il n'y avait pas moyo. (Il voulait fuir, mais il n'y avait pas moyen.)
Piak
Fuir en cachette, s'éclipser discrètement sans prévenir personne. Verbe de l'argot camerounais, relevé par le glossaire de Paul Willekens ; il s'emploie aussi plus largement au sens de quitter un lieu.
Pijon
v. 1. S'en aller, partir. 2. S'enfuir, filer, surtout après avoir commis une bêtise ou un méfait. Un glossaire en ligne du parler camerounais lui donne aussi le sens de sortir en cachette, sans la permission des parents.
Poum
S'échapper, s'enfuir rapidement. Verbe de l'argot camerounais relevé par le glossaire de Paul Willekens ; d'après l'annexe du Wiktionnaire, sa graphie varie selon les influences linguistiques des locuteurs.
Show (lire chou)
En faire voir de toutes les couleurs à quelqu'un : lui causer des ennuis, le malmener, lui rendre la vie dure. Un glossaire en ligne du parler camerounais donne aussi au mot la valeur d'un adjectif signifiant « mauvais ».
Sissongo (djoum dans les...)
Fuir. Ce sont de hautes herbes, parfois coupantes, très communes, propices pour un guet-apens, une cachette, etc.
Tailler, se taille
S'enfuir, partir rapidement. L'expression existe aussi en argot français ; au Cameroun, elle se dit de quelqu'un qui quitte les lieux sans demander son reste.
Tcham
Se bagarrer (inverse de "match").
ExempleLes gars ont tcham en boîte hier soir.
Tchouki
1. Chaussure 2. Combat. Et dans ce cas, "tomber dedans" signifie avoir pris une raclée.
Té
v. S’arrêter, se terminer. S’emploie comme une menace dans un conflit, pour signifier qu’on met fin à l’affaire.
Exemple"Ça té là !" (ça s'arrête là !)
Tensionner
Se fâcher, énerver.
ExempleMes devoirs sont en train de me tensionner.
Têter
v. Frapper quelqu'un d'un coup de boule, avec le haut du crâne. L'emploi déborde le Cameroun : l'Inventaire des particularités lexicales du français en Afrique noire le relève dans plusieurs pays, où il désigne aussi, au football, le fait de jouer le ballon du crâne.
Tictage
Tendance à disjoncter, c'est-à-dire à perdre le contrôle de soi ou à se comporter comme si l'on avait perdu la tête. L'image vient, par analogie, des adeptes de jeux vidéo. Terme du camfranglais, l'argot des jeunes citadins camerounais, il s'emploie sur un ton familier et plutôt moqueur.
Ticter
Disjoncter, perdre les pédales, se comporter de façon soudain incohérente. Le mot est rapproché des joueurs de jeux vidéo qui s'énervent devant l'écran, et se dit d'une personne qui s'emporte sans raison apparente.
(Ca) Tika
Ça s'arrête ! C'est une menace survenant généralement dans un conflit, pour dire que l'on met fin à l'activité en question. On conjugue peu souvent ce verbe, une sorte de verbe impersonnel du camfranglais. On dit aussi "ça Té !"
Tokyo
Fuir, décamper, disparaître en vitesse. Le verbe a la forme du nom de la capitale japonaise et appartient au registre familier des jeunes citadins.