Expressions camerounaises sur l'argent
Le parler camerounais a un mot pour presque chaque pièce et chaque billet, et bien d'autres pour dire qu'on en a, qu'on n'en a plus ou qu'on en donne.
41 expressions. Un même mot peut figurer dans plusieurs thèmes.
Bally
Machine à sous. Le mot vient de la marque américaine qui fabriquait ces appareils, passée dans le langage courant comme nom commun, à la manière de frigidaire.
Bam
Pièce de 25 francs CFA. Comme pour les autres coupures, l'argent camerounais a son vocabulaire propre, que l'on emploie entre initiés.
Cobo
Rien, vide, néant. Se dit d'une poche sans argent, d'un frigo sans nourriture, ou d'une affaire qui n'a rien rapporté.
Dar
Pièce de cinq francs CFA, la plus petite unité qui compte dans la monnaie du quotidien. Le mot appartient au vocabulaire argotique de l'argent, où chaque somme a son surnom.
Djaraba
Argent, sous. Le mot appartient au vocabulaire abondant que ce parler consacre à l'argent, où presque chaque coupure a son appellation propre.
Do'
Argent.
ExempleJ'ai ask au pater de me gi' les do' pour go au coma (j'ai demandé à mon père de me donner de l'argent pour aller au cinéma).
Dos (les)
L'argent, les sous, les billets. Terme familier et imagé pour parler de la monnaie que l'on a en poche.
Fafio
L'argent, les sous, les moyens financiers. Terme familier et imagé pour parler de la monnaie.
Fap-fap
Partage strictement égal, moitié-moitié. L'expression vient d'une formule anglaise signifiant « cinq-cinq » et scelle un accord équitable entre deux parties ; en camfranglais, le mot qui la compose désigne d'ailleurs le chiffre cinq et sert à compter l'argent (cinq cents ou cinq mille francs CFA).
Fap cent
Appellation « intime » du billet ou de la pièce de 500 FCFA. Elle appartient à toute une série de surnoms de la monnaie, qui désignent aussi la pièce de 100 F et le billet de 1 000 F, et se combinent pour dire les sommes.
ExempleOn dira « kolo-fap » pour 1500 FCFA, « two kolos » ou « deux kolos » pour 2000 FCFA.
Farot
Aide financière, coup de pouce en argent, ou le geste même de donner cet argent ; par extension, la générosité affichée de celui qui distribue des billets en public, par exemple lors d'une fête. Le mot vient du nouchi, l'argot ivoirien, et s'emploie au Cameroun comme en Côte d'Ivoire, parfois pour désigner l'argent versé afin de s'attirer des faveurs.
Faroter
Distribuer de l'argent avec ostentation, arroser une fête de billets pour se faire remarquer et honorer les invités. Pratique festive courante lors des cérémonies.
Foiré (Etre...)
Être fauché, sans le moindre sou, à court d'argent. Expression familière décrivant une situation de vaches maigres.
Gérer
s'occuper d'une affaire, négocier, payer pour quelqu'un (une fille très souvent) au restaurant, au ciné, etc. synonymes: rythmer, sponsoriser
Gratter
Obtenir quelque chose gratuitement, profiter d'une aubaine sans débourser. Verbe familier de la débrouille, l'art de tirer parti de chaque occasion.
Jambo
Miser, jouer de l'argent aux jeux de hasard ou aux paris. Le mot n'a rien à voir avec son homonyme swahili, formule de salut en Afrique de l'Est.
Jeton
Pièce de monnaie, et par extension argent, « fric ». L'emploi, familier, n'est pas propre au Cameroun : on le relève dans le français de nombreux pays d'Afrique, du Tchad au Congo en passant par la Côte d'Ivoire.
Katika
n.m., p. 1. Quelqu'un qui organise des paris (et garde un pourcentage) 2. Un proxénète. Celui qui détient l'argent, et par-dessus tout le Président est le grand (...) de Ngola.
Kolo
Appellation "intime" du billet de 1000 FCFA. On dira "(...)-fap" pour 1500 par
ExempleOn dira "kolo-fap" pour 1500 F, "two kolos" pour 2000 F.
Lancer (quelqu'un)
v. Aider quelqu'un, souvent financièrement. Lui donner de l'argent précisément, de quoi se mettre à un achat ou une affaire.
Lourd (Etre...)
Avoir de l'argent, être riche ou du moins bien pourvu au moment où l'on parle. L'expression familière se dit aussi bien d'une fortune durable que de quelqu'un qui vient de toucher sa paie.
Mal de poche (avoir)
Être sans argent, fauché. La tournure imite le vocabulaire des douleurs du corps, comme si le manque d'argent était une affection dont on souffre ; elle se dit avec humour, pour refuser une dépense ou s'excuser de ne pas pouvoir payer.
Mamba (Vert)
Appellation du billet de 10000 FCFA dans les années 80, d'après la couleur du serpent du même nom.
Mbam
Pièce de 25 francs CFA. Mot du parler populaire camerounais, employé pour désigner cette petite pièce de monnaie dans les achats et les comptes du quotidien.
Mboma
1. Le boa, grand serpent constricteur, dont la mise à mort demande force et violence, d'où des comparaisons imagées. 2. Dans les années 1980, surnom du billet de 10 000 FCFA, à cause de sa couleur verte.
ExempleEasy avec le frérot là. Il ya bad ! Son pacho vient de le nack comme un mboma.
Mbourou
Les sous, l'argent.
ExempleLe gars-là a les mbourou grave (il est riche).
Ndjangui
Tontine. C'est un système économique d'entraide assez structuré souvent à echelle familiale, amicale, mais toujours de taille modérée. Le côté informel et déréglementaire laisse souvent la porte ouverte à bien de conflits. Initialement et particulièrement pratiqué par les personnes originaires de l'Ouest-Cameroun.
Ndjaraba (r)
Argent, au sens de l'argent liquide qu'on a en poche. Le mot appartient au vocabulaire abondant du parler camerounais pour désigner l'argent, et connaît plusieurs graphies selon qu'on prononce ou non la consonne initiale.
Ngo ou Ngoma
50FCFA. Ca date ca, quand le coût de la vie n'était pas encore aussi élevé (les années 80), et qu'avec 50FCFA on ouvait faire beaucoup de choses. C'était toujours plus facile de demander 50FCFA en un terme aussi familier.
Nguémé
Etre foiré, sans argent
ExempleRegarde-moi le gueme-man-là, il veut faire le défi avec qui ?
Njoh
(prononcer "Njaw") Gratuit, ce qui est gratuit. On dit aussi "(...)ter" pour l'action et "(...)teur" pour désigner celui qui en bénéficie.
Njoter
v. Profiter d'un avantage sans en payer le prix, ou d'un bien auquel on n'a pas droit. Plus largement, tirer parti de quelqu'un, par exemple se faire véhiculer dans sa voiture sans rien débourser.
Nkap
L'argent, les sous, en particulier l'argent liquide que l'on possède ou que l'on dépense. Le terme est emprunté à une langue de l'Ouest, le ghomala' des Bamiléké, et figure dans la Base de données lexicographiques panfrancophone parmi les mots du français camerounais. Familier, il est courant à l'oral comme dans la presse populaire.
ExempleQuoi qu'il en soit, les militants qui ont frôlé l'infarctus devant les liasses de nkap du député, le prennent pour leur messie. (Le Popoli, n° 959, 2003)
Options
Mot utilisé pour désigner les moyens matériels dont on dispose pour frimer. Ce terme a été notamment employé par KROTAL dans son titre "Jamais". Quand on est over-njocka, c'est qu'on les a forcément.
Pièce
Appellation "intime" de la monnaie de 100 FCFA. Tarif courant de certaines courtes distances en taxi et de beaucoup d'articles dans les commerces.
ExempleLe taxi, c'est une pièce ; on dira aussi kolo-fap pour 1500 F.
Pointer (la journée)
Assurer son revenu quotidien, gagner de quoi vivre pour la journée. L'image est celle de l'employé qui enregistre son heure d'arrivée au travail, appliquée à ceux qui vivent de petits métiers et doivent chaque jour trouver de quoi manger.
Ronds
Argent. Le mot appartient aussi à l'argot de France, où il désigne à l'origine les pièces de monnaie par leur forme ; on le retrouve au Cameroun avec le même sens, dans le registre familier.
Sassaye
Partage en désordre, sur le principe du "à celui qui réussira à attraper en premier", surtout après une chandelle !
Silan
Cent francs CFA, dans l'argot des jeunes citadins : la somme que représente la pièce de 100 F. Le mot se combine avec celui qui désigne 50 francs pour former le nom de la somme de 150 francs.
SilanNgo
La somme de 150 francs CFA. Mot codé du camfranglais, qui possède tout un vocabulaire propre pour désigner les montants d'argent du quotidien.
Tchoco
1. Dépanner (en argent) 2. Payer pour avoir une faveur, corrompre.
ExempleJ'ai tchoco le prof pour avoir la moyenne.