Expressions camerounaises pour bavarder, mentir ou se vanter
Le kongossa est presque une institution : commérages, mensonges, vantardise et façons de parler, jusqu'à l'accent « français » qu'on moque.
34 expressions. Un même mot peut figurer dans plusieurs thèmes.
A1
Information de première main, obtenue directement de la source. Se dit d'une nouvelle qu'on tient de quelqu'un qui y était, par opposition aux rumeurs qui circulent de bouche à oreille.
Allô
n.m. Mensonge.
Exemple"Ce que tu dis, ça c'est l'allô !"
Allocataire
n.m. Menteur, personne qui raconte des histoires. Le mot joue sur le vocabulaire administratif français : celui qui « alloue » des mensonges à tour de bras.
Bèp-bèp
Grande gueule, ou faire une grande gueule.
ExempleIl fait le bèp-bèp parce qu'il était aux States.
Bibliser
Parler comme un Blanc. Faut dire que c'est mal vu ; ça s'assimile à la frime, surtout si on n'a jamais mis les pieds à Mbeng.
Bro
n.m., p. Parfois prononcé {bra}. Diminutif du verbe signifiant raconter des histoires, exagérer.
Conto
Parler, causer, discuter. Contraction du verbe raconter : on le fait entre amis, sans but précis, pour le plaisir de la conversation.
Divers
n.m. Parfois prononcé {diva}. 1. Causeries, faits du jour. 2. (Faire les...) Papoter. 3. (Aimer les...) Aimer les racontars, les bruits qui courent.
Djoss
Discuter, bavarder, échanger longuement. Verbe familier employé pour une conversation détendue entre amis.
Fiasquer
v. origine inconnue Faire un bruit comme un "tchiiip!" de la bouche, pour exprimer le dédain, la dénégation. Synonyme de miocher (argot parisien).
Hon-hon-hon
Prétention, bluff, grande gueule. On dira « pas les (...) ! » pour signifier que c’est du sérieux.
J.A.
Jalousie, envie éprouvée devant ce que possède ou réussit quelqu'un d'autre. Sigle familier de l'argot camerounais, souvent lancé pour accuser quelqu'un d'être envieux.
Kongossa
Commérages, rumeurs et racontars qui circulent de bouche à oreille, dans le quartier comme au bureau ; on dit aussi « aimer les divers » pour parler de ce goût du potin. Le mot est courant dans le français du Cameroun, jusque dans la presse. Son origine est discutée : on le rattache à la langue douala, où il signifierait converser, ou au pidgin-english.
ExempleAprès le défilé, la qualité de kongossa que j'ai suivie n'avait pas de nom.
Langua-moi
Raconte, dis ce que tu sais : formule familière par laquelle on presse quelqu'un de livrer une nouvelle, un potin ou le récit de ce qui s'est passé. Elle s'emploie entre amis, sur un ton complice.
Loko
Vantardise, fait de se mettre en avant en exagérant ses mérites, ses biens ou ses exploits. Mot de l'argot camerounais, employé familièrement pour se moquer de celui qui fanfaronne.
Lom
Mentir, raconter des bobards. Verbe du camfranglais, ce parler des jeunes citadins qui mêle français, anglais, pidgin et langues camerounaises, et qu'on conjugue comme un verbe français.
ExempleSi tu think que je te lom tu came coter.
Malparler de quelqu'un
Médire de quelqu'un, le dénigrer derrière son dos. Formé par soudure de deux mots français, le verbe est courant en français du Cameroun et s'emploie aussi au sens de critiquer injustement.
Mimba
1. Penser, imaginer. 2. Se vanter, frimer, se donner de l'importance : c'est le sens que relèvent la linguiste Céphanie Piebop et d'autres lexiques récents. Le mot est passé dans le camfranglais depuis les langues camerounaises et a donné des dérivés désignant le vantard et la vantardise.
ExempleLa fille là mimba quoi ?
MO
Manie de se mêler des affaires d'autrui, présentée par plaisanterie comme une maladie : les deux lettres abrègent « maladie d'occupation ». Sigle familier, lancé à l'adresse d'un curieux ou d'un indiscret.
Mousser
Se vanter.
ExempleTu mousses avec qui ?
Nkallang
Séduire une femme à force de mensonges, en lui racontant des histoires ou en lui promettant ce qu'on ne tiendra pas. Terme argotique du camfranglais, qui vise le dragueur peu sincère plutôt que la simple cour.
Salot
Saluer quelqu'un, lui dire bonjour ou lui adresser ses amitiés. Forme argotique du camfranglais, manifestement tirée du verbe français et déformée à la manière du parler des jeunes.
Sentir qq'un
Avoir des nouvelles de quelqu'un, le voir ou l'entendre donner signe de vie.
Exemple"On ne te sent plus."
Socko
Commérage malveillant : histoire colportée sur le dos de quelqu'un, rumeur qui cherche à nuire plus qu'à informer. Terme familier de l'argot camerounais ; l'annexe du Wiktionnaire le glose simplement par « histoire ».
Solfège
Accent français, en particulier l'accent parisien qu'on prend pour paraître raffiné. Le mot compare cette diction soignée à un exercice de musique, et s'emploie souvent avec ironie.
Solféger
Parler avec l'accent français, imiter la prononciation parisienne. Le verbe se dit souvent pour moquer quelqu'un qui affecte cet accent afin de se donner un genre.
Tatteur (euse)
Menteur ou menteuse : personne qui invente des histoires, enjolive les faits ou promet sans tenir. Nom de l'argot camerounais, employé familièrement pour disqualifier quelqu'un dont on ne croit plus la parole.
Tchat, Tchatcher
Raconter, dire.
ExempleTchat-moi quand tu veux go au coma (dis-moi quand tu veux aller au cinéma).
Tchouker
Verbe aux sens multiples. 1. Mentir à quelqu'un, le tromper. 2. Faire l'amour, dans un registre cru. 3. Démarrer une voiture en la poussant, première enclenchée. 4. Donner un coup de pied, au football comme ailleurs. Le sens sexuel a été popularisé par le chanteur Petit-Pays, qui en fait le refrain de sa chanson « Polissy » (1998) ; on en a tiré un nom désignant un coureur de jupons.
ExempleTu tchouk encore avec lui ?
Tempeter
Se faire voir, se donner en spectacle, chercher à attirer l'attention par des éclats et des manières théâtrales. En français standard, le verbe désigne le fait de manifester bruyamment son mécontentement ; au Cameroun, l'accent est mis sur la mise en scène de soi.
Toli
1. n. Fait divers, racontar, généralement en groupe. 2. v. Dire ou faire des racontars.
Toliyeur
Personne qui prend part aux racontars, ces conversations de groupe où l'on commente les nouvelles du jour et les histoires du quartier. Le nom d'agent est formé avec la finale française -eur sur le mot qui désigne le racontar ; le registre est familier.
Topos
Parler, discuter, prendre la parole. Verbe de l'argot camerounais relevé par le glossaire de Paul Willekens et par l'annexe camfranglais du Wiktionnaire ; sans rapport avec le terme savant de rhétorique qui s'écrit de la même façon.
Voum (Faire le...)
Frimer, chercher à épater la galerie en étalant ses vêtements, son argent ou ses biens. Locution familière de l'argot camerounais, relevée par le glossaire de Paul Willekens et par l'annexe du Wiktionnaire.