Interjections et exclamations camerounaises
Kai !, Ekié !, Wèèèh ! : ces cris de surprise, de dégoût, de compassion ou de joie ponctuent la conversation et se reconnaissent à leur intonation.
23 expressions. Un même mot peut figurer dans plusieurs thèmes.
Achouka!
interj. Bien fait pour toi ! (Ça t'apprendra !). L'expression orale va avec une gestuelle bien particulière : la tête légèrement relevée et l'index de la main droite qui semble caresser le cou, au niveau de la pomme d'Adam.
Aka!
Interjection marquant le dédain ou l'indifférence totale, l'équivalent de « je m'en fous ! ». Elle se lance sèchement, souvent accompagnée d'un geste de la main qui balaie l'air.
A plus !
Formule d'au revoir signifiant « à bientôt », empruntée au français hexagonal où elle abrège une formule d'adieu. Elle s'emploie entre proches, à l'oral comme dans les messages.
Assia!
p., interj. 1. Expression encourageant à supporter la douleur, endurer la difficulté 2. Expression de défiance.
Dépose-moi!
Laisse-moi tranquille ! Fiche-moi la paix ! Injonction familière lancée à quelqu'un d'insistant ou d'agaçant, sur l'image de celui qu'on prie de vous laisser descendre.
Ekié ! (b)
Interjection qui marque la surprise, l'étonnement ou l'indignation, l'équivalent de « ça alors ! ». Elle jaillit spontanément face à l'inattendu.
Fait-quoi, fait-quoi !
Advienne que pourra (Qu'est-ce que cela peut bien faire !). Récente formulation : Foumban-Foumbot, juxtaposition des noms de 2 villes de l'Ouest-Cameroun.
Hich!
Exclamation qui marque le dégoût devant une chose sale ou répugnante, ou le mépris envers un comportement jugé déplaisant. Elle ponctue volontiers la fin d'une phrase de reproche.
I beg!
Formule pour demander quelque chose ou supplier : s'il te plaît, je t'en prie. Elle vient du pidgin-english, où cette tournure anglaise s'est souvent contractée en un seul mot, et se glisse volontiers en tête d'une phrase française.
Ich!
Interjection de dédain ou de dégoût, lancée pour signifier qu'une chose ou une attitude répugne ; elle ponctue souvent la fin d'une phrase de reproche. Le même mot sert aussi d'adjectif pour qualifier ce qui est sale.
ExempleGars tu langua trop, ich !
Iyeuuu! ou Iyo!
Cri de joie, que l'on entend aussi autour d'une bagarre : les spectateurs s'en servent pour exciter les adversaires, même si le cri peut accompagner une rixe sans intention de l'attiser. Interjection populaire et familière, propre à l'oral.
Kai!
Interjection d'étonnement, souvent prolongée à l'oral pour marquer la surprise, l'incrédulité ou l'exaspération. Elle s'emploie aussi comme nom pour désigner l'étonnement lui-même, et s'entend dans tout le pays.
Mama!
Interjection de grand étonnement, d'effroi ou de compassion, qui en appelle à la mère comme on dirait « mon Dieu ! ». Elle connaît aussi une forme affectueuse, avec le petit nom que les enfants donnent à leur mère.
Mouf!
1.Va-t-en! Agressif et dédaigneux (de Move, anglais) 2. Entre amis, ce serait plutot sympa, comme une marque d'exclamation (soit pour approuver, soit pour refuter) bref sympa quoi. 3. v. Enlever. Surtout pour parler d'un foetus (avortement).
Oui-non
Une association rare pour répondre par l'affirmative, mais simplement avec insistance. Et l'insistance peut encore plus se manifester en forçant sur la première syllabe, avec tout l'étonnement que l'on peut aussi lire dans le regard.
Pardon!
Formule qui accompagne une demande avec la valeur de « s'il te plaît, je t'en prie », voire « je t'en supplie » ; placée en tête ou en fin de phrase, elle sert aussi à insister, par exemple pour presser quelqu'un de partir. Cet emploi, détourné de l'excuse, est commun à une grande partie de l'Afrique francophone, de la Côte d'Ivoire au Congo en passant par la Centrafrique.
Pian!
interj. Marque l’assurance et la présence effective, la fierté d’être à son poste.
ExempleJe suis là, pian ! (je suis bien là, en poste !)
Pritango!
Cri visant à alerter sur la venue d'une personne à craindre.
Exemple"Pritango ! Ton père arrive !"
(Ca) Tika
Ça s'arrête ! C'est une menace survenant généralement dans un conflit, pour dire que l'on met fin à l'activité en question. On conjugue peu souvent ce verbe, une sorte de verbe impersonnel du camfranglais. On dit aussi "ça Té !"
Wèèèh
Interjection de compassion, l'équivalent de « j'ai de la peine pour toi ». Tout est dans l'intonation : une plainte traînante qui exprime la pitié, la consolation ou parfois une moquerie compatissante.
Yaaah!
Interjection utilisée pour montrer qu'on doute d'une affirmation, ou que l'on n'est pas en accord avec une idée.
Yéééé!
Exclamation d'étonnement ou d'indignation, prolongée à l'oral selon l'intensité de l'émotion. Elle accompagne une nouvelle choquante, une injustice ou un spectacle inattendu.
Yeuch!
Interjection exprimant la surprise, lancée spontanément devant un fait inattendu. Comme beaucoup d'exclamations du parler camerounais, son sens dépend largement de l'intonation.