Expressions commençant par la lettre N
66expressions
N'go, N'gola, Ngola
Yaoundé, la capitale du Cameroun. Ces formes abrègent le nom traditionnel de la ville en lui retirant sa voyelle initiale, selon le procédé de troncation fréquent en camfranglais.
ExempleOn go déposer les dossiers à ngola.
Nabs
Personne de petite taille. Abréviation d'un mot français familier et péjoratif désignant une personne courte sur pattes ; le terme reste moqueur, entre taquinerie amicale et insulte.
Nack
Battre, frapper quelqu'un, parfois violemment. Le verbe entre dans des expressions imagées du camfranglais : appliqué à la poitrine, il signifie s'enorgueillir, et appliqué au corps, se gêner.
ExempleEasy avec le frérot là. Il ya bad ! Son pacho vient de le nack comme un mboma.
Nang
Dormir. Verbe d'usage très courant, emprunté aux langues locales, qui s'emploie aussi au figuré pour quelqu'un qui reste inactif.
Nanga-boko
Enfant de la rue, le sens originel du terme, tel qu'emprunté à la langue. Par extension, personne peu recommandable, filou, vaurien. Le mot s'emploie aussi sous une forme abrégée à sa première moitié.
Nassara
n.m., bassa Homme blanc. Allusion aà la tenue du club Union de Douala, à dominante blanche.
Nayor
Doucement, lentement, sans se presser. Souvent redoublé pour insister sur la lenteur ou la nonchalance d'une démarche ou d'un débit de parole.
ExempleTa tantal speak nayor nayor comme une big rémé.
Ndamba
n.m. 1. Ballon 2. Jeu. Au départ il s'agit de football, mais par extension le mot servira aussi pour tous les sports de balle.
ExempleOn guio le ndamba.
Ndem
1. Verbe : échouer, rater ; lâcher quelqu'un, lui faire faux bond, se désister ; aussi frapper, faire mal. 2. Nom : la poisse, la malchance, les ennuis ; on dit de quelqu'un qu'il est dedans quand il n'enchaîne que les mésaventures. Le dérivé en -eur désigne le fainéant, l'incapable.
ExempleMais how que vous me ndemez comme ça.
Ndjangui
Tontine. C'est un système économique d'entraide assez structuré souvent à echelle familiale, amicale, mais toujours de taille modérée. Le côté informel et déréglementaire laisse souvent la porte ouverte à bien de conflits. Initialement et particulièrement pratiqué par les personnes originaires de l'Ouest-Cameroun.
Ndjap
Légume dans les langues bamilékés. Désigne la marijuana, le chanvre indien. A ne pas confondre avec Nku pour Cocaine (#28)
Ndjaraba (r)
Argent, au sens de l'argent liquide qu'on a en poche. Le mot appartient au vocabulaire abondant du parler camerounais pour désigner l'argent, et connaît plusieurs graphies selon qu'on prononce ou non la consonne initiale.
Ndjasso
Jeu dangereux au football ; désigne aussi les mollets très musclés. En souvenir d'un défenseur des Lions Indomptables (1982-1988) qui se faisait remarquer par la rugosité de son jeu et son physique imposant.
Ndjember
Éjaculer, atteindre l'orgasme pour un homme. Verbe vulgaire de l'argot camerounais, conjugué à la française, réservé aux conversations crues.
Ndjeum
Grand, gros, imposant. Se dit d'une personne corpulente comme d'un objet de grande taille, avec une nuance admirative ou moqueuse selon le ton employé.
Ndjindja
1. n.m. Gingembre, sous forme de racine ou pressé en jus. 2. adj. Difficile, compliqué, grave : se dit d'une situation ou d'une épreuve qui donne du fil à retordre.
Ndjombé
n.m. Confiance, crédit moral que l’on accorde à quelqu’un.
ExempleI get you ndjombé.
Ndjou-Ndjou
n.m. Monstre imaginaire. Terme employé pour faire peur aux enfants. On dira plus souvent (...) kalaba.
Ndok
1. Quelqu'un qui aime demander sans rien donner 2. L'acte de se comporter ainsi.
Ndolo
L'amour, le sentiment amoureux, et par extension la relation amoureuse elle-même. Le mot est emprunté au douala, la langue de la côte, et la Base de données lexicographiques panfrancophone le range parmi les mots du français du Cameroun ; on le rencontre aussi bien dans la conversation que dans la presse destinée aux jeunes.
ExempleAu nom du ndolo, la petite a tenté de sortir ce jour-là contre la volonté de ses parents. (100% Jeune, n° 123, 2011)
Ndomo
Frapper, cogner quelqu'un, lui donner des coups. Verbe familier du parler populaire camerounais, employé à propos des bagarres comme des corrections.
Ndomo-ndomo
jouet artisanal à base de corde ou de bracelet élastique. Pratique pour propulser toute sorte de projectile, papier à la base, sur les petits camarades, voire à faire la chasse aux margouillats dans une forme plus élaborée.
Ndoss
Personne au tempérament chaud, qui n'a cure des règles et sait se montrer rusée, notamment en affaires. Le mot vient du pidgin-english ; dans la presse et les dictionnaires du français camerounais, il désigne plus franchement un voyou, un brigand, voire un braqueur.
ExempleCe 10 janvier, 4 ndoss ont fait irruption dans la ville et ont voulu cambrioler l'agence Express Union. (Le Popoli, n° 959, 2008)
Ndutu ou ndoutou
La malchance qui s'acharne sur quelqu'un, la poisse, voire la malédiction qu'on croit jetée sur lui. Mot emprunté à une langue camerounaise, il est recensé par la Base de données lexicographiques panfrancophone et s'emploie familièrement pour expliquer une suite de déboires.
ExempleMon frère, je ne noh pas pourquoi le ndoutou (la malchance) me fala (poursuit) comme çà
Nerveux
Se dit d'une personne qui s'emporte au moindre mot ; à l'inverse, au sens élogieux, d'une personne qui maîtrise parfaitement son sujet. Adjectif du français courant dont le sens s'est élargi au Cameroun : placé devant le nom, il sert aussi d'intensif pour qualifier ce qui est puissant, impressionnant.
Nga
Une femme, une fille, souvent la compagne de quelqu'un. L'un des mots les plus fréquents de ce parler, qui a de nombreuses variantes selon les régions.
Ngass
Cellule de garde à vue, cachot, prison : l'endroit où l'on passe la nuit après une arrestation, et par extension un trou où l'on se retrouve enfermé. Mot familier de l'argot des villes ; certains glossaires du camfranglais lui donnent aussi un sens sexuel cru.
Exempleil a passé la nuit au ngass
Ngata
Une cellule de prison.
ExempleIl a passé la nuit au ngata.
Ngoa
Diminutif d'un quartier de Yaoundé abritant l'Université de Yaoundé I. Le nom date du temps où il n'y avait encore qu'une seule université et bien moins d'étudiants, entre 1985 et 1990.
Ngo ou Ngoma
50FCFA. Ca date ca, quand le coût de la vie n'était pas encore aussi élevé (les années 80), et qu'avec 50FCFA on ouvait faire beaucoup de choses. C'était toujours plus facile de demander 50FCFA en un terme aussi familier.
Ngondélé
Jeune fille aux mœurs jugées légères, qui multiplie les aventures. Terme populaire et péjoratif, porteur d'un jugement moral sur la conduite des jeunes femmes.
Ngoum
Force physique, vigueur, énergie. Nom masculin du parler populaire camerounais, employé pour dire qu'on a de la puissance, ou qu'il en faut pour accomplir une tâche.
Ngrimba
Pratique magique, souvent maléfique, et par extension le gri-gri, l'écorce ou le charme censé protéger son détenteur ou agir sur autrui. Le mot est emprunté au pidgin-english et a donné en français camerounais un verbe et un adjectif construits avec des suffixes français ; on le lit couramment dans la presse populaire à propos d'affaires de sorcellerie.
ExempleUne plainte a été déposée au tribunal contre Ghislaine pour pratique de ngrimbah et meurtre par la famille de la disparue. (Le Popoli, n° 958, 2010)
Ngrimbatiser (quelqu'un)
Envoûter une personne, l'ensorceler pour la soumettre à sa volonté, en particulier pour s'attacher un amant ou un protecteur fortuné. Le verbe est formé sur un nom d'origine pidgin désignant la magie, auquel s'ajoute le suffixe français -iser ; familier, il est surtout employé avec ironie à propos des histoires de cœur.
ExempleSutout les ngos d'Ebwa, elles pif trop ngrimbatiser les wats. (Les filles d'Ebolowa adorent envouter les Blancs.)
Nguémé
Etre foiré, sans argent
ExempleRegarde-moi le gueme-man-là, il veut faire le défi avec qui ?
Nguess
Fille, jeune femme. Terme de l'argot camerounais aujourd'hui vieilli : courant chez les jeunes d'une génération antérieure, il s'entend désormais beaucoup moins.
Ngui
Fille, femme, en particulier jeune femme que l'on courtise. Terme de l'argot camerounais aujourd'hui vieilli, d'emploi familier.
Exemplej’ai déjà mop la ngui-là
Ngwati
Gri-gri ; mot originaire de l'Est.
ExempleElle avait un puissant ngwati.
Niaque
Faire l'amour, avoir un rapport sexuel. Verbe argotique et cru du camfranglais, à distinguer de son homographe du français familier, qui désigne la combativité.
Exempleils étaient entrain de niaque
Niass
Faire l'amour avec ardeur, comme pour épuiser sa ou son partenaire : le verbe signifie au sens propre « tuer », et s'emploie ici par image. Terme argotique et cru du camfranglais.
Niè
1. adj. Moche, vilain. 2. n.m. La malchance, la poisse qui s'abat sur quelqu'un. Dans le jargon des vendeurs à la sauvette, le mot personnifie aussi la police, tenue pour la source de toutes leurs mésaventures.
Nièman
Personne peu recommandable, qui n'inspire pas confiance, ou individu poursuivi par la malchance. Terme péjoratif du parler populaire camerounais.
Nioxer
Avoir des rapports sexuels, dans un registre cru et vulgaire. Le verbe, qu'on écrit aussi avec un y, appartient au camfranglais, l'argot des jeunes citadins camerounais ; il a été popularisé par Petit-Pays, figure du makossa, qui en a fait le titre d'une chanson reprise sur sa compilation « Le CV de Petit Pays » (1997).
ExempleSi tu as le do tu vas la nioxer là-là-là
Njimtété
Quelqu'un avec une grosse tête ou quelqu'un de riche et connu, le patron, le décideur.
Njoh
(prononcer "Njaw") Gratuit, ce qui est gratuit. On dit aussi "(...)ter" pour l'action et "(...)teur" pour désigner celui qui en bénéficie.
Njoter
v. Profiter d'un avantage sans en payer le prix, ou d'un bien auquel on n'a pas droit. Plus largement, tirer parti de quelqu'un, par exemple se faire véhiculer dans sa voiture sans rien débourser.
Nkallang
Séduire une femme à force de mensonges, en lui racontant des histoires ou en lui promettant ce qu'on ne tiendra pas. Terme argotique du camfranglais, qui vise le dragueur peu sincère plutôt que la simple cour.
Nkap
L'argent, les sous, en particulier l'argent liquide que l'on possède ou que l'on dépense. Le terme est emprunté à une langue de l'Ouest, le ghomala' des Bamiléké, et figure dans la Base de données lexicographiques panfrancophone parmi les mots du français camerounais. Familier, il est courant à l'oral comme dans la presse populaire.
ExempleQuoi qu'il en soit, les militants qui ont frôlé l'infarctus devant les liasses de nkap du député, le prennent pour leur messie. (Le Popoli, n° 959, 2003)
Nkeleng-Nkeleng
n.m. Feuille verte qui sert a faire une sauce gluante qui se consomme au fufu de mais de manioc ou de riz
Nku
Cocaïne, pour sa couleur blanche, comme le sel de cuisine. D'origine béti, le mot désigne d'ailleurs le sel. À ne pas confondre avec Ndjap, le chanvre.
Noum
Sentir. D'après l'annexe camfranglais du Wiktionnaire, le mot vient du yambassa, langue du Mbam, dans la région du Centre, où il a déjà ce sens : c'est l'un des nombreux emprunts du camfranglais aux langues nationales.
Nkuta
n.m. Sissonghos, buisson. Les sissonghos, c'est un bosquet d'herbes sauvages et hautes, ressemblant à des roseaux. Certains ont l'habitude de s'y réfugier pour satisfaire divers besoins ;-).
Ntangan
n.m., beti Homme blanc. Appellation mise en valeur par le livre Ville Cruelle de Mongo Beti (sous le patronyme Eza Boto)
NST
n.f. Par analogie aux MST, Note Sexuellement Transmissible, pour dénoncer les relations filles-professeurs
Ntong
n.m. 1. L'envie. 2. (Parfois aussi) La chance.
ExempleI get ntong. J'ai le ntong.
Ntot
Désigne le sexe de la femme ; s'emploie aussi comme verbe au sens d'avoir un rapport sexuel. Terme très vulgaire de l'argot camerounais, réservé aux conversations crues entre intimes.
Ntui
1. Baiser
ExempleJe l'ai n'tui.
Nyama
Manger ; employé aussi comme nom pour désigner la nourriture, la pitance. Le mot viendrait du fulfuldé, la langue peule du Nord, et s'intègre au camfranglais au point de recevoir des préfixes français, comme re- pour dire manger de nouveau. Le Dictionnaire des francophones relève aussi au Cameroun les sens d'argent et de travail qui fait vivre.
ExempleJe ne te tell pas qu'hier je suis rego au resto pour renyama. Le ndolè là était trop moh. (Je ne te dis pas qu'hier je suis retourné au restaurant pour manger de nouveau. Leur ndolè était trop bon.)
Nyang
v. Vendre
ExempleIl a nyan sa caisse.
Nyanga
La coquetterie, le soin que l'on met à se faire beau ou belle, maquillage compris ; par extension, les caprices et la vantardise de qui aime se faire remarquer. Employé aussi comme adjectif pour qualifier une personne élégante, coquette. Le mot est recensé au Cameroun par la Base de données lexicographiques panfrancophone et l'Inventaire des particularités lexicales du français en Afrique noire.
ExempleMengue aime trop le nyanga
Nyango
Une jeune femme, en particulier une jolie fille ; plus largement, une dame. Le mot est recensé au Cameroun par la Base de données lexicographiques panfrancophone et s'emploie volontiers dans le camfranglais des jeunes pour parler des filles que l'on courtise.
ExempleMais how que tu ne know pas mop une nyango ?! (Mais comment ne sais-tu pas embrasser une jolie fille ?)
Nyap (quelqu'un)
Humilier une personne en public, la tourner en ridicule devant témoins au point qu'elle perde la face. Verbe argotique du camfranglais, employé surtout entre jeunes à propos d'une moquerie ou d'une réplique cinglante.
Nyè
n.m. 1. La poisse. S'utilise pour indiquer la mésaventure qui arrive à quelqu'un. On dit alors "avoir le (...)", ou que la malchance l'a attrapé. 2. Par personnification, la police : dans le jargon des marchands à la sauvette, elle est la source et la cause de toutes leurs mésaventures. Plus généralement, toute personne à qui l'on impute un malheur.
Nyè (quelqu'un)
v. L'avoir à l'œil.
Nyong ou Nyongo
S'enfuir, se dérober, disparaître pour échapper à une situation ou à une responsabilité. Verbe du camfranglais, il reste invariable comme la plupart des verbes empruntés : on dit « il a » suivi de la forme nue, sans marque de participe passé.
ExempleIl a nyongo dans les mapans dès qu'il a know que sa ngah était bèlè. (Il a fui dès qu'il a su que sa petite amie était enceinte.)
Nzolo
Drible au foot, consistant en une balle qui passe entre les jambes de l'adversaire. Ouh la honte! Autrement appellé petit pont.